Fribourg: refus romain de la candidature de Teresa Berger à l’Université
Fribourg, 25novembre(APIC) Suite au refus par la Congrégation pour l’éducation catholique d’accorder son "nihil obstat" à la nomination de la théologienne allemande Teresa Berger à la chaire de liturgie de la Faculté de
théologie de l’Université de Fribourg, Augustin Macheret, directeur de
l’Instruction publique du canton de Fribourg, interrogé par l’Agence APIC,
estime que l’affaire n’est pas définitivement close. Il souligne cependant
que les dispositions en vigueur réglant les rapports l’Etat de Fribourg, la
Conférence des évêques suisses et l’Ordre des Dominicains au sujet de la
Faculté de théologie ont été suivies selon la procédure habituelle.
Augustin Macheret rappelle la rencontre du 28 octobre à Fribourg avec le
maître général des Dominicains et Grand Chancelier de la Faculté de théologie, Frère Timothy Radcliffe. Durant la réunion à laquelle participaient
également le recteur et le doyen de la Faculté de théologie, la question de
l’accord de 1985 a été discuté. "J’ai rendu attentif au fait que la chaire
de liturgie n’était toujours pas repourvue." Une nouvelle rencontre a été
prévue en février 1993 pour faire le point sur l’application de cet accord.
"J’ai reçu une réponse du Grand Chancelier à mon message adressé par son
intermédiaire il y a quelques semaines à Rome à propos de la nomination à
la chaire de liturgie, poursuit Augustin Macheret. Cette lettre précise où
en est la procédure, le stade auquel les difficultés surgissent et les raisons des réserves émises par la congrégation romaine. Mais en l’état actuel
de la procédure, je n’entends pas en faire état pour le public, d’autant
plus que ces explications concernent la vie théologique."
A la question de savoir si définitivement Teresa Berger ne viendra pas à
Fribourg, le directeur de l’Instruction publique ne veut pas "aller trop
vite en besogne". "A ce jour l’Etat n’est pas encore formellement saisi
d’une proposition. J’estime cependant de mon devoir d’éviter que des dossiers traînent. C’est pourquoi j’ai fait le tour des dossiers en suspens
avec le Grand chancelier. Je crois avoir fait avancer les choses en obtenant dans des délais assez brefs une confirmation et l’indication de certaines raisons."
Préavis positif des évêques suisses, opposition de Rome
"Le refus du nihil obstat romain constitue un obstacle sur la voie qui
conduit à une nomination. La Faculté de Fribourg est une faculté de théologie catholique qui dispense des enseignements au nom du Magistère", reconnaît Augustin Macheret. "Mais nous allons certainement encore avoir un
échange de vue dans cette affaire. J’attends d’être saisi formellement du
dossier et je vais voir s’il y a possibilité de faire quelque chose en prenant les conseils utiles en particulier l’avis du président de la Conférence des évêques. Il est gènant pour un directeur de l’Instruction publique
de constater qu’il y a d’un côté le préavis positif de la Conférence des
évêques suisses et de l’autre un avis négatif d’une Congrégation romaine.
C’est là-dessus que je vais porter mon action".
Augustin Macheret estime enfin que cette crise ne remet pas en cause la
l’accord concernant la Faculté de théologie conclu en 1985 entre l’Etat de
Fribourg, la Conférence des évêques suisses et l’Ordre des dominicains.
Valable pour dix ans, cet accord devrait être reconduit tacitement s’il
n’est pas dénoncé deux ans avant son échéance, soit au début 1993. Cette
procédure accorde d’ailleurs des garanties procédurales importantes aux
théologiens et respecte le principe de subsidiarité, conclut-il. (apic/bemp)