Fribourg: rapports Eglises-Etat: (240188)
Fribourg, 24janvier(APIC) "Les rapports de l’Eglise et de l’Etat, c’est
le rapport d’un glacier et du rocher" c’est par cette citation de Mgr Charrière que Mgr Mamie, évêque du diocèse, a terminé son bref rappel historique et théologique en ce samedi 23 janvier au Centre Diocésain, à Fribourg.
C’est en effet ce samedi qu’a eu lieu l’étude de l’avant-projet de la Loi
Eglises-Etat par le Conseil de Pastorale du canton de Fribourg. Le rocher
de l’Eglise va-t-il se séparer sensiblement du glacier de l’Etat dans ce
canton ou les deux sont liés depuis des siècles?
Dans son exposé, M. Jacques Duccaroz de l’Office fribourgeois de la
législation, a donné des précisions qu’en au fond de l’AP. Cet AP se caractérise par un accroissement de l’autonomie d’organisation et de gestion
des Eglises reconnues. Certaines prérogatives pourraient être accordées à
d’autres communautés religieuses suivant leur importance, mais en aucun cas
ne serait le droit de prélever des impôts.
Quelques points importants de l’AP ont été bien développés par M. Ducarroz, malgré le temps relativement court de son exposé. Les corporations
ecclésiastiques pourront être créées au niveau paroissial, mais aussi
supra-paroissial ou cantonal. L’Eglise catholique reste libre de donner des
noms à ces corporations ecclésiastiques. L’autonomie ecclésiastiques reposera sur cinq points: le droit d’organiser des corporations ecclésiastiques, le droit de gérer les biens et les ressources, le droit de prélever
des impôts, le droit d’avoir leur propre juridiction et la législation
ecclésiastique. L’Etat déléguera pratiquement entièrement son droit de
légiférer au statut ecclésiastique.
Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse, a tenu à donner les implications
théologiques d’une telle décision. Il a mis l’accent sur le Christ et ses
liens avec son Eglise, car "il ne faut jamais oublier que l’Eglise catholique naît de celui qui représente le Christ et par qui passe toute la naissance de l’Eglise". Ce sont des liens de communion qui doivent lier
l’évêque, les vicaires épicopaux et le conseil pastoral aux paroisses et
aux fidèles. Mgr Mamie a fait également un rappel historique de la situation particulière du canton de Fribourg, quant à sa fidélité à l’Eglise
catholique, et privilégiée, quant à la place que l’Eglise a toujours donnée
aux laïcs et "qu’il ne faut pas perdre".
Les remarques et les questions des personnes présentes n’ont touché que
des points de détail de l’AP. M. Duccaroz a donc donné quelques explications supplémentaires surtout au niveau du vocabulaire employé. Par exemple, l’expression de "corporations ecclésiastiques" qui est un terme de
droit public pour désigner des institutions qui ont des membres et qui
exercent des pouvoirs délégués par l’Etat, ce ne sont donc pas des associations de droit privé.
Quelles précisions ont été également demandées sur certains points délicats et qui devront être définis par la législation eccélésiastique: la
question de l’impôt ecclésiastique des personnes morales ou les conditions
d’appartenance aux corporations ecclésiastiques, donc aussi du droit de vote.
Les personnes présentes, une cinquantaine, se sont retrouvées en carrefousr pour formuler leur remarques, observations et propositions. Mais il
n’y a pas eu de mise en commun, le travail de chaque carrefour sera pris en
compte afin de rédiger un texte officiel que le Conseil de Pastorale transmettra à l’autorité compétente.
Le Conseil de la législation attend des remarques des organes consultés,
mais surtout des souhaits et des propositions concrètes! Pour ce qui est du
délai fixé pour le moment au 15 février, il pourrait être prolongé. En effet une demande de prolongation jusqu’au 30 avril a été déposée. (apic/bd)