Fribourg : qu’est-ce qu’un journal catholique ? (160688)
Fribourg, 16juin(APIC) C’est dans le cadre de l’exposition sur la presse
chrétienne organisée à l’Université de Fribourg par l’aumônerie catholique
des étudiants que s’est exprimé mercredi 15 juin Filippo Lombardi,
rédacteur en chef du quotidien catholique "Giornale del Popolo". Le thème,
"Rôle et fonction d’un quotidien catholique", lui a permis d’aborder la
presse chrétienne sous ses aspects historiques et éthiques et de préciser
l’identité du journal catholique aujourd’hui.
"Qu’est-ce qu’un journal catholique ?" : telle est la question à
laquelle Filippo Lombardi a tenté de répondre dans son exposé. Evoquant la
genèse difficile puis le prodigieux développement, le plus souvent
désordonné de la presse catholique, il a défini la situation actuelle comme
une mosaïque de tendances et de statuts très divers qui ont fait éclater
son identité. Il a rappelé les principales orientation du décret de Vatican
II "Inter mirifica" sur les moyens de communication sociale : la tâche qu’a
l’Eglise de les utiliser pour former l’opinion publique par une
communication vraie et complète, le droit à l’information qui confient à la
presse catholique une mission.
C’est dans un monde ou l’information devient de plus en plus une forme
de pouvoir et ou la concentration des médias constitue un risque pour le
pluralisme, que l’Eglise doit exercer sa mission et affirmer son identité
dans ses trois aspects de déclaré, vécu et perçu. Le rédacteur en chef,
examinant la situation actuelle a, en l’absence d’un modèle précis, dégagé
trois types de publication catholique qui représentent trois formes
complémentaires de présence au monde : le journal, organe officiel du
magistère, qui livre la doctrine; le journal support des valeurs civiles
communément acceptées (la paix, la justice sociale) et le journal à
vocation christocentrique, centré sur la révélation. Si le premier risque
de n’être pas écouté, le second, bornant son identité catholique à des
réserves morales, risque l’assimilation à la société. Le troisième, s’il
comporte le danger d’un certain repli sur soi, permet par sa capacité de se
remettre constamment en question de développer un dialogue basé sur la
conviction que chacun participe à la recherche de la vérité.
Concrètement, l’identité catholique, pour Filippo Lombardi, se définit
par la fidélité à trois principes : l’attention aux valeurs permanentes de
la société (le contraire du scoop qui est transgression d’une règle
établie), aux personnes dans leur vie de tous les jours (c’est une manière
d’éviter le dirigisme et la polarisation sur les héros des médias) et la
nécessité de conserver les raisons d’espérer. Pour cela il est nécessaire
et urgent de disposer de journalistes bien formés, a ajouté le
conférencier. (apic/cor/ym)