Fribourg : Prochaine constitution d’une (100591)
Avant-projets d’arrêtés concernant l’élection des délégués
Bientôt un "Statut" pour les catholiques fribourgeois
Fribourg, 10mai(APIC) Pour la première fois dans l’histoire, l’Eglise
catholique romaine dans le canton de Fribourg va se doter d’une constitution appelée "Statut ecclésiastique". La Direction de la justice, de la police et des affaires militaires du canton de Fribourg met en consultation
ces jours-ci des avant-projets d’arrêtés concernant l’élection des délégués
à l’"Assemblée ecclésiastique provisoire" chargée de rédiger ce "Statut".
Le Groupe de travail en vue de la constitution de l’Assemblée ecclésiastique présentait vendredi l’état de ses préparatifs en vue de l’élection qui
aura lieu vraisemblablement au printemps 1992. Quant au "Statut", il
devrait être soumis à la votation populaire ecclésiastique dans les 5 ans.
Ainsi, la Loi concernant les rapports entre les Eglises et l’Etat adoptée par le Grand Conseil fribourgeois le 26 septembre dernier n’ayant pas
fait l’objet d’un référendum, il s’agit désormais pour l’Eglise catholique
de se doter d’un "Statut". Il sera élaboré par l’Assemblée ecclésiastique
provisoire, qui sera dissoute après son adoption. Cette Assemblée se composera de 90 membres, dont 69 délégués paroissiaux laïcs élus par les citoyens actifs de confession catholique romaine. Les délégués paroissiaux seront élus par cercles, par conséquent dans les huit cercles existants pour
l’élection des députés au Grand Conseil.
Au surplus, 15 délégués seront désignés par leurs pairs parmi les prêtres du canton et 6 autres par l’autorité diocésaine. A charge pour eux de
tâcher d’équilibrer avec ces désignations les divers mouvements, sensibilités et charismes présents au sein de l’Eglise fribourgeoise et qui n’auraient pas été pris en compte lors des élections des délégués paroissiaux.
Les délégués ainsi désignés peuvent également être des étrangers, pourvu
qu’ils soient catholiques romains, domiciliés dans le canton et âgé de 18
ans au moins. Notons que la loi concernant les rapports entre les Eglises
et l’Etat laisse d’ailleurs la faculté au futur "Statut" de reconnaître le
droit de vote et l’éligibilité aux étrangers en matière ecclésiastique.
Une "Eglise libre dans un Etat libre"
Membre du Groupe de travail pour constituer cette Assemblée ecclésiastique provisoire, le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal, a redit à
cette occasion quelques données de base. Il importe ainsi que la nature et
la fonction de l’Eglise et de l’Etat soient bien claires. L’Eglise est antérieure à l’Etat et ne peut être comprise que si on rappelle qu’elle a été
instituée par Jésus-Christ. Et s’il est vrai que l’Eglise peut exister sous
n’importe quel régime - même des régimes qui la persécutent - parce qu’elle
tient son être et sa mission du Christ, a-t-il souligné, certains types de
relations à l’Etat lui permettent mieux que d’autres de réaliser la vocation qui lui est propre, "c’est-à-dire une Eglise libre dans un Etat libre".
Un Statut désiré depuis longtemps
Le vicaire épiscopal a conclu que ces longs préparatifs techniques et
juridiques ne pourront pas se réaliser sans une dimension de foi, en accordant une place primordiale à la prière et à la méditation. "Ce que nous allons vivre, ce n’est pas un synode, c’est vrai, mais c’est dans un esprit
synodal que nous allons rechercher ce Statut désiré depuis si longtemps
dans ce canton". Un Statut que souhaitait en effet déjà Mgr Charrière, puis
le Synode 72 et Mgr Mamie ainsi que tous ses collaborateurs. Et de conclure
que ce n’est pas par un Statut que l’on va nécessairement atteindre la totalité de la mission de l’Eglise, mais qu’un telle constitution représente
tout de même un cadre qui va aider l’Eglise "à remplir cette mission d’incarnation au coeur des catholiques de ce canton".
Les avant-projets, rédigés par l’Office de législation, sont en consultation auprès des institutions concernées et les éventuelles observations
sont attendues jusqu’au 20 juin prochain. Ces documents ont également été
transmis, pour information, à l’Eglise évangélique réformée et à la Communauté israélite du canton de Fribourg. Le prof. Nicolas Michel, président
du Groupe de travail - une instance de conseil sans compétence de décision
- a souhaité que l’information sur le processus en cours circule largement
et de façon la plus transparente possible, le but étant d’obtenir un consensus de toutes les sensibilités au sein du catholicisme fribourgeois.
(apic/be)