Fribourg: prière oecuménique pour la paix au Moyen-Orient (180691)
Fribourg, 18juin(APIC) La lecture du Coran par un Africain musulman voisinant dans la cathédrale de Fribourg avec celle de l’Evangile, l’événement
est rare: il s’est pourtant produit lundi 17 juin lors d’une soirée de
prière pour la paix, la justice et le dialogue au Moyen-Orient. A l’invitation du groupe ACAT-Fribourg Centre (Action des chrétiens pour l’abolition
de la torture), chrétiens, juifs et musulmans - ils étaient une centaine s’unissaient dans une même prière, chacun s’adressant à Dieu dans sa propre
tradition. L’occasion de rappeler avec force la dignité et la liberté de
tout homme; sa responsabilité, aussi, dans la construction d’un monde plus
juste et plus fraternel.
Seule note discordante de la soirée, l’absence d’un représentant de la
communauté juive de Fribourg qui a cependant fait parvenir un message aux
organisateurs. Des motifs religieux seraient à l’origine de cette absence.
Aucune explication n’a pu être obtenue auprès de la communauté juive, le
rabbin n’ayant pu être contacté.
Un décor chargé de symboles accueillait les fidèles des diverses confessions venus partager leur foi et leur espérance pour l’avenir des peuples
du Moyen-Orient: une petite table présentant une icône et deux Bibles; sur
l’autel, des cierges: autant d’images de traditions religieuses différentes, mais toutes tournées vers l’essentiel.
Arabes chrétiens (Palestiniens, Libanais, Jordaniens), orthodoxes, musulmans, réformés, Assyriens, juifs et catholiques se sont succédé à l’autel pour, par la méditation, la prière et le chant, amorcer une réflexion
sur la situation actuelle au Moyen-Orient: car il faut absolument, ont-ils
insisté, passer de la prière à l’acte. Les paroles prononcées se voulaient
paroles de paix et de réconciliation invitant à une fraternité universelle
qui dépasse toute frontière, race et langue: "Non à la guerre, oui à la réconciliation et à la paix".
Répondre à la violence par la non-violence
Par une méditation sur les Béatitudes, les orthodoxes ont rappelé la
difficile situation de leurs frères d’Orient: des chrétiens persécutés qui
témoignent du Christ dans la patience et la douceur évangélique, songeant
plutôt à réclamer la justice et la paix pour tous qu’à se défendre et renonçant à répondre à la violence par la violence. Pour les musulmans, l’islam est avant tout une religion de paix et de miséricorde qui imprègne toute l’organisation sociale et proclame le respect de tout homme. Les réformés ont pour leur part interrogé chacun: avons-nous assez de sens moral et
de courage pour vivre en frères au-delà de la race, de la classe, de la
communauté, de la tribu ? Pour la communauté juive de Fribourg, qui a fait
lire un message du rabbin Layani, tous les croyants des grandes religions
sont appelés à jeter les bases d’un monde nouveau en luttant contre la
faim, l’intolérance et le fanatisme.
La célébration s’est terminée par un geste symbolique des intervenants,
qui ont déposé un olivier sur l’autel, et la prière du "Notre Père".
L’ACAT a été lancée en Suisse en 1979. Elle est présente en Suisse romande et en Suisse alémanique. Elle s’inspire de l’ACAT France, créée en
1974. Considérant que la lutte contre la torture est partie intégrante de
la mission de l’Eglise, elle regroupe des chrétiens de toutes confessions
dans la prière et l’action pour les torturés et les tortionnaires. Ils interviennent auprès des gouvernements par des lettres, organisent des séances d’information, des expositions et des manifestations. (apic/cor)