Fribourg: Ou en est l’oecuménisme aujourd’hui? (020288)
rappelle la primauté de l’esprit sur la parole
Fribourg, 2février(APIC) "La coexistence, la compréhension réciproque, la
collaboration et les efforts communs vers une unité chrétienne sont essentiels "pour ne pas créer d’obstacles à l’Evangile du Christ" (1 Co 9,12)".
C’est devant une cinquantaine de personnes que s’est ainsi exprimé Mgr Damaskinos, métropolite orthodoxe pour la Suisse, par la voix du professeur
Vlassios Phidas qui enseigne l’histoire de l’Eglise et le Droit canonique à
l’Université d’Athènes et à l’Ecole théologique de Balamand au Liban. Cette
conférence du lundi 1er février était la seconde d’un cycle de trois donné
à l’Université de Fribourg sur le thème: Ou en sommes-nous aujourd’hui avec
l’oecuménisme?
Mgr Damaskinos n’a pas pu être présent à cette conférence, car il était
invité par le premier ministre grec, M. Papandréou actuellement à Davos.
C’est pourquoi, le professeur Phidas, proche collaborateur du Centre orthodoxe du Patriarcat oecuménique de Chambésy, a remplacé le Métropolite en
lisant le texte rédigé pour la conférence et en répondant aux questions des
auditeurs.
Mgr Damaskinos a rappelé que "l’Eglise orthodoxe a toujours combattu, au
cours de son histoire, pour le rétablissement de l’unité chrétienne. Ainsi,
donc, la participation orthodoxe au Mouvement oecuménique ne va aucunement
à l’encontre de la nature et de l’histoire de l’Eglise orthodoxe." Mais
"cependant l’Eglise orthodoxe, fidèle à son ecclésiologie, à l’identité de
sa structure interne et à l’enseignement de l’Eglise indivise, tout en participant au Conseil Oecuménique des Eglises (COE), refuse absolument l’idée
de l’"égalité des Confessions" et ne peut concevoir l’unité de l’Eglise
comme un rajustement interconfessionnnel. Dans cet esprit, l’unité recherchée dans le COE ne peut être simplement le produit d’accords théologiques. Car Dieu appelle tout chrétien à l’unité de la foi, telle qu’elle est
vécue dans le mystère et la tradition au sein de l’Eglise orthodoxe."
"Quand on participe à la vie de l’Eglise comme à un ensemble, on reconnaît souvent l’identité de la foi au-delà des différences de vocabulaire
théologique. Car les paroles ne sont prioritaires sur la vie ecclésiale,
mais la vie ecclésiale prioritaire sur les paroles qui l’expriment. C’est
la vie qui témoigne de la vie et l’esprit qui témoigne au-delà de la parole
et non pas le contraire" a précisé Mgr Damaskinos. De plus "il faut examiner ensemble si, et dans quelle mesure, les différences entre l’Orient et
l’Occident justifient un refus réciproque de la communion. Nous devons nous
demander si nos séparations doivent se comprendre au sens de formes
différenciées de la tradition, et non pas comme des séparations dans l’unique Tradition de la foi elle-même. (...) En réalité, on ne doit pas seulement se demander s’il est permis de partager la même et unique table eucharistique, mais également à l’inverse, s’il est permis de refuser."
Enfin, Mgr Damaskinos a bien montré la difficulté de la démarche oecuménique en disant: "Si nous désirons découvrir une issue possible même dans
une impasse humainement décourageante, alors nous devons rechercher dans
l’amour et la sérénité le "comment" et le "pourquoi" de la naissance des
divisions qui nous séparent, et cela d’un point de vue historico-théologique qui ne sépare pas la foi de l’amour, le dialogue théologique du dialogue de charité." (apic/bd)