"Dieu m’appelle à etre une danseuse missionnaire"
Fribourg, 4octobre(APIC) Invitée par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) de Fribourg, Mireille Nègre, - qui fut danseuse-étoile de l’Opéra de Paris avant de se retirer pour dix ans au carmel de
Limoges - a fait salle comble samedi soir à l’Aula de l’Université de Fribourg. "Appelée par Dieu a etre une danseuse missionnaire", elle s’émerveille du pouvoir étonnant de son Art, la danse, pour transmettre la Bonne
Nouvelle aux hommes. Samedi soir, son enthousiasme était communicatif.
A l’Aula, devant un public comblé, elle est apparue sur la scène aux
premières notes du Largo de Haendel, pour danser l’alliance, puis de la
"Petite Suite" de Debussy pour danser le pantin désarticulé ou l’homme
orphelin sans Dieu, puis l’Aria de Villa Lobos, le Gloria de Vivaldi puis
des rythmes du Moyen-Age. Après l’entracte - à l’occasion duquel l’ACAT a
présenté son combat contre la torture par le biais de la prière et de l’action - Mireille Nègre a encore interprété le Magnificat de Jean-Sébastien
Bach.
Agée de 44 ans, Mireille Nègre aurait pu ne jamais danser. Lorsqu’elle a
deux ans, elle a son pied broyé par un ascenseur. A force de volonté, elle
retrouve l’usage normal de son pied et entre à 8 ans à l’Opéra de Paris.
Encore enfant, elle suit des cours de catéchisme auprès du Père Carré, un
dominicain célèbre, qui lui dit un jour : "Ma petite Mireille, vous verrez,
un jour, vous aurez la lumière". Or cette promesse du Père Carré se réalise
quelques années plus tard, quand Mireille devient danseuse-étoile à l’Opéra
et plus tard encore, lorsqu’elle rencontre Dieu et qu’elle entre au carmel
de Limoges.
Son talent est très vite reconnu par les plus grands noms de la danse,
comme Serge Lifar, Roland Petit ou Rudolf Nouréev. Danseuse-étoile, au sommet de la gloire, c’est alors qu’elle découvre le Christ, une rencontre qui
bouleversera sa vie. Elle entre au carmel en 1971 pour en sortir dix ans
plus tard, la santé en ruine. Son départ du carmel ne l’éloigne pas de
l’Eglise : elle reste une femme consacrée, tenue par ses voeux, meme si elle n’appartient plus à une communauté. Seulement, dix ans sans danser et
dans un milieu qui prone l’indifférence du corps, c’est dur, quand on croit
qu’il faut réhabiliter la notion spirituelle du corps. C’est en effet par
la danse - expression corporelle par excellence - qu’elle veut délivrer son
"message de pur amour", car pour Mireille Nègre, la grace a deux sens :
c’est l’élégance d’un mouvement, c’est la beauté d’une chorégraphie, mais
c’est aussi le don gratuit de Dieu. (apic/be)