Fribourg, 17juillet(APIC) Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a annoncé que dès l’automne des messes en latin seraient célébrées chaque dimanche en différents endroits du diocèse. Mgr Mamie a pris cette décision en accord avec ses deux évêques auxiliaires Mgr
Gabriel Bullet et Mgr Amédée Grab. Le pape Jean Paul II avait, dans un" Motu proprio" daté du 2 juillet de cette année, encouragé les évêques à permettre que soient célébrées plus de messes en latin selon l’ancien missel.
Toutefois, les conditions posées en 1984 resteraient les mêmes.
"Conformément au "Motu proprio" de S.S. le pape Jean Paul II du 2 juillet 1988 et en accord avec Mgr Gabriel Bullet et Mgr Amédée Grab, je
prévois qu’une messe selon le rite de saint Pie V sera célébrée en quelques
endroits de notre diocèse, le dimanche, dès cet automne. Pour en préciser
les modalités, nous agirons en concertation avec les prêtres du diocèse et
les laics engagés" écrivait Mgr Mamie dans le dernier numéro de l’hebdomadaire pastoral officiel des diocèses suisses romands "Evangile et mission".
Comme l’a écrit le pape, l’Eglise veut rejoindre ceux qui se sentent
liés aux formes liturgiques et disciplinaires de la tradition latine
d’autrefois. Dans le même message Jean Paul II annonçait la création d’une
Commission qui s’occuperait des prêtres, des communautés et des religieux
proches de Mgr Lefèbvre qui voudraient rester liés à Rome et à l’Eglise
catholique.
Des messes en latin sous conditions depuis 1984
Jusqu’ici il était possible, sous certaines conditions très strictes et
avec la permission de l’évêque du diocèse, de célébrer des messes en latin
selon les anciens livres liturgiques. Après une enquête sur l’accueil du
nouveau missel de 1969, Jean Paul II avait autorisé, dès 1984, les prêtres
qui le désiraient à dire publiquement la messe en latin selon le missel romain de 1962, remanié par Jean XXIII. Ce missel reprend pour l’essentiel le
rite créé par Pie V en 1570, à la clôture du Concile de Trente. Les requérants (prêtres et fidèles) ne devaient mettre en doute ni le Concile Vatican II (qui se déroula de 1962 à 1965) ni la rectitude de la doctrine du
missel de 1969. En règle générale les messes en latin ne pouvaient pas être
célébrées dans les églises paroissiales et la permission était limitée dans
le temps.
Selon le Père Roland Trauffer, dominicain, secrétaire de la Conférence
des évêques suisses, il y a eu peu de demandes depuis 1984. Des messes en
latin sont célébrées régulièrement avec la permission de l’évêque du lieu à
Lucerne, à Bâle, à Baden, à Zurich et depuis peu à Berne. Le nouveau missel, élaboré à partir de la Constitution sur la liturgie du Concile Vatican
II et contenant des éléments liturgiques antérieurs, a aussi été édité en
latin en 1969; il peut être utilisé sous cette forme.
D’après le Père Trauffer, le fait que Mgr Mamie ait à nouveau attiré
l’attention sur la possibilité de célébrer la messe selon l’ancien missel
entre dans son rôle d’évêque chargé de conduire sur le bon chemin les
fidèles égarés et désécurisés, particulièrement à la suite du schisme que
vient de vivre l’Eglise.
Prendre en compte l’apport du monde
Le renouveau de la liturgie depuis le Concile Vatican II n’a été possible que grâce à un mouvement qui , 30 ans auparavant, avait remis en lumière des aspects de la célébration de l’Eucharistie. A côté du caractère
sacrificiel de la messe furent remis en valeur le repas commun et le sens
de la communauté, a déclaré le Père Trauffer à l’APIC dimanche 17 juillet.
la nouvelle forme liturgique a permis de mieux intégrer l’apport du monde
dans le culte divin.
D’une compréhension statique de la messe tridentine (adoration, culte
rendu à un Dieu à qui l’on devait quelque chose), on est passé à une
compréhension dynamique qui met l’accent sur le dialogue avec Dieu (adoration, partage, démarche commune). Pour que le renouveau inauguré dans
l’Eglise catholique par le Concile Vatican II puisse atteindre le monde
entier, il fallait que le nouveau missel soit traduit dans toutes les langues. Si la messe fut remise à jour en 1969, ce n’était pas dans un esprit
de centralisation, mais pour rester fidèle aux préoccupations du Concile, a
souligné le Père Trauffer. (apic/cor)