"La tentation du désespoir et le pari de l’espérance"
Fribourg, 27février(APIC) La Suisse ne doit pas se renfermer dans la sauvegarde de ses biens : c’est en substance ce qu’écrit Mgr Pierre Mamie,
évêque de Lausanne, Genève et Fribourg lance dans la lettre pastorale qu’il
adresse à tous les fidèles au début de ce Carême et intitulée "La tentation
du désespoir et le pari de l’espérance". Invitation à prier pour la paix,
mais aussi à donner de ses biens pour aider nos frères de l’Est dans leur
apprentissage de la liberté.
Mgr Mamie convie d’abord les chrétiens à une réflexion sur les événements de 1989, "qui ont changé ou qui changeront notre manière de penser et
de vivre" : "Souvenez-vous : Beyrouth, Pékin, Varsovie, Budapest, Berlin,
Sofia et Bucarest, ou encore la rencontre au Vatican de Mikhaïl Gorbatchev
et Jean Paul II". Et de souligner, signe d’espérance et appel au coeur des
réalités tragiques d’aujourd’hui, l’engagement pacifique de la jeunesse :
"Il est bien évident maintenant, car nous l’avons vu de nos yeux, que c’est
la jeunesse du monde, le plus souvent sans armes, qui a ouvert le monde à
la reconquête de la liberté, par ses sourires, ses larmes, son sang et sa
mort".
Répondre aux appels du monde
Pour Mgr Mamie, une telle attitude doit trouver l’appui des chrétiens,
appelés à s’engager dans les réalités temporelles pour faire progresser le
Royaume de Dieu. S’il faut d’abord "prier, beaucoup prier, remercier Dieu
de tout le bien qui est arrivé, de la liberté retrouvée, pour beaucoup; Le
prier aussi pour qu’Il nous donne sa paix", il faut - et c’est la mission
de tout chrétien - répondre aux appels du monde. "Nous avons à nous faire
du souci pour le corps, la nourriture, le toit, la santé, la survie des autres" relève Mgr Mamie, car "ceux qui se sont libérés à l’Est, et bientôt,
nous l’espérons, au Moyen Orient et en Orient, ont besoin de Dieu et de
nous". "Il sera nécessaire de donner (...) à ceux qui sont maintenant
libres, pour qu’ils puissent parler de Dieu, écrire sur Dieu, évangéliser
ceux qu’on a voulu emprisonner dans un monde sans Dieu".
Mgr Mamie lance un dernier appel, convaincu que l’Europe de demain sera
l’oeuvre des hommes et des femmes engagés en politique : "Il y a aussi des
exigences chrétiennes en politique : nous souhaitons que des jeunes s’engagent sur ces routes humaines où la lumière de l’Evangile, dont ils seront
les témoins, pourra rendre notre monde plus humain", ceci dans la fidélité
à l’esprit du Concile Vatican II. (apic/com/cor)