Fribourg: Les Religieuses hospitalières fêtent leurs 550 ans (210793)
Fribourg, 21juillet(APIC) Les Soeurs hospitalières célébreront lors d’un
Congrès qui se tiendra du 26 au 29 juillet à Beaune, en Bourgogne, les 550
ans passés au service des Pauvres. Une centaine de Religieuses hospitalières de Suisse, dont 20 de Fribourg, participeront à ce rassemblement en
France. Quelque 170 Soeurs sont attendues à Beaune. Pour ces dernières ce
sera l’occasion de "faire ensemble mémoire" et d’"explorer" l’univers des
souffrants d’aujourd’hui, de se laisser à nouveau "envoyer" en Eglise dans
ce monde, déclare Sr Marie-Jacques Minnig, supérieure générale des Hospitalières de Fribourg.
Appelées autrefois les Soeurs de l’hôpital, les deux fédérations actuelles, une française et une suisse, rassemblent aujourd’hui 480 Soeurs hospitalières, issues de Beaune, qui sillonnent le monde de la santé en cette
fin du XXe siècle. Né en France en 1443, établi en Suisse dès 1765 (à Porrentruy, Sion, Fribourg, Delémont, Neuchâtel, Soleure et Lucerne) et présent aussi en Guadeloupe depuis 1955 et au Rwanda depuis 1970, l’ordre religieux fêtera du 26 au 29 juillet à Beaune son 550e anniversaire, sous la
forme d’un Congrès qui rassemblera près de 170 Hospitalières des différentes Congrégations. La messe d’ouverture du Congrès, le 27 juillet, sera célébrée par Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, tandis
que Mgr Michel Coloni, évêque de Dijon, assurera la messe "d’envoi" du
jeudi 29 juillet.
Pour davantage "faire corps" à partir d’un projet commun, celui du fondateur Nicolas Rolin, qui a décidé avec son épouse, il y a 550 ans, la construction du "magnifique" Hôtel-Dieu à Beaune pour y recevoir dignement
"nos seigneurs les Pôvres et les malades, membres endoloris du Christ", les
Soeurs hospitalières ont décidées ce rassemblement. Un Congrès, une assemblée, une rencontre fraternelle pour mieux cerner ensemble l’actualité du
message initial, sous le thème: "Les Soeurs hospitalières de Nicolas Rolin
et Guigone de Salins, une spiritualité pour aujourd’hui."
Les Soeurs hospitalières se disent "dépositaires d’une spiritualité qui
n’est pas inscrite dans un livre mais qui est don reçu et offrande de notre
vie aux autres, à la suite de Jésus-Christ, pour révéler la tendresse et la
miséricorde de Dieu au plus démunis". Pour elles, la démarche commune qui
se concrétisera en juillet à Beaune, signifie développer leur appartenance
au même charisme, devenir davantage "Hôtel-Dieu" pour le monde de ce temps.
C’est, "dans notre civilisation d’abondance et de tous les possibles, une
spiritualité dont le coeur est le Pauvre, dit Soeur Marie-Jacques Minnig:
le Christ pauvre, le Christ Eucharistie. Le Christ qui accueille tous les
hommes, ce Christ lui-même persécuté, souffrant, dont la Passion est continuée au coeur des hommes blessés de notre XXe siècle finissant."
Une histoire d’amour des pauvres
L’histoire des Soeurs hospitalières de Beaune commence le 4 août 1443,
quand Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne, et son épouse Guigone
de Salins, décident la construction d’un "Hôtel-Dieu", un palais pour les
pauvres, avec une chapelle en l’honneur du Dieu tout-puissant et de sa glorieuse Mère, Marie. L’oeuvre, qui fût d’abord confiée à une communauté venue des Flandres, a été prise en charge en 1459 par quelques Soeurs flamandes et des Soeurs du pays beaunois, selon l’ordre de Nicolas Rolin qui y
voulait "des Soeurs pour servir les pauvres dans toutes leurs nécessités,
corporelles et spirituelles" (Extrait de la bulle de Pie II confirmant les
statuts de l’Hôtel-Dieu, 1459).
Aujourd’hui comme hier, par la Foi, les Religieuses Hospitalières croient que Jésus est présent en toutes pauvretés. Elles se veulent attentives
aux signes du temps et aux besoins de l’Eglise et du monde. Ce 29 juillet
1993 sera pour les Hospitalières un nouveau départ, un nouvel "envoi en
Mission", affirme Soeur Monique Bazin, de la communauté de Neuchâtel.
(apic/cb)