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    Fribourg : "Les enfants de la rue et la violence au Brésil" (180588)

    Des images qui font pâlir les mots

    Fribourg, 18mai(APIC/Yvan Mudry) Le Brésil, c’est près de 140 millions

    d’habitants, le pays le plus développé d’Amérique latine et le 8ème produit

    national brut du monde occidental. Mais aussi 36 millions d’enfants laissés

    à eux-mêmes dont 7 millions, des noirs pour la plupart, vivent abandonnés

    dans les rues des grandes villes du pays. Pour faire connaître un peu de la

    vie de ces enfants, une exposition de photos intitulée "Les enfants de la

    rue et la violence au Brésil" est ouverte à la Bibliothèque cantonale de

    Fribourg du 16 au 31 mai.

    Organisée conjointement par le Séminaire de sociologie de l’Université

    de Fribourg, Défense des enfants-international et la Bibliothèque cantonale

    universitaire, l’exposition a été inaugurée officiellement mardi 17 mai.

    Au Brésil, les "menores carentes", des enfants et adolescents qui ne

    disposent pas d’un soutien familial et scolaire adéquat, représentent plus

    du 25 % de la population. 7 millions d’entre eux sont des "menores

    abandonados", c’est-à-dire des enfants dépourvus de tout soutien familial.

    Deux autres chiffres permettent de saisir l’ampleur du phènomène des

    enfants de la rue : 20 % des familles brésiliennes survivent grâce au

    travail de leurs enfants et dans 30 % des familles pauvres des zones

    urbaines il n’y a pas de père de famille, ce qui oblige les enfants à

    travailler encore plus.

    De retour du Brésil, le professeur Riccardo Lucchini, sociologue, commente : "La rue est un élément indispensable. Sans la rue, il y aurait encore plus de problèmes de survie". Il explique, "le petit garçon va à la

    rue dès 6-7 ans, la petite fille, elle, remplace la mère". Et il poursuit,

    "à la rue, l’enfant fait preuve de compétences extraordinaires". En exerçant de petits métiers, ventes, lavages, "il transforme l’espace public, en

    espace privé".

    Mais le prix à payer est très lourd. Pour avoir son coin de rue, l’enfant doit être admis dans un groupe. De là redevances multiples et exploitation redoublée. A tous les niveaux l’enfant se trouve soumis à l’arbitraire du plus fort, y compris de certains policiers. Ainsi exposé,

    dépourvu de soutien familial, sanitaire et scolaire, "l’enfant ne peut pas

    construire une personnalité". Selon des estimations internationales, le 10

    % de la population brésilienne souffre d’infirmités physiques ou mentales.

    En conclusion, devant l’insuffisance des mots, le professeur Lucchini

    invite le visiteur de l’exposition à un dialogue, "un dialogue entre celui

    qui voit ces photos et l’enfant de la photo". (apic/ym)

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