Fribourg: les crucifix resteront dans les tribunaux (220193)
Fribourg, 22janvier(APIC) Les crucifix pourront rester dans les salles
des tribunaux fribourgeois. Ainsi en a décidé le Conseil d’Etat dans sa
séance du 18 janvier, répondant à une plainte administrative de l’avocat
Rainer Weibel qui remettait en question les bases légales de la présence
des crucifix dans des locaux de la justice cantonale. C’est ce que rapporte
vendredi le quotidien fribourgeois "Freiburger Nachrichten".
"La présence de crucifix ou de croix dans les tribunaux publics du canton de Fribourg correspond aux valeurs chrétiennes de base de notre Etat",
peut-on lire dans l’arrêt de six pages du gouvernement. L’existence d’un
symbole religieux ne remet pas en question l’impartialité du tribunal pas
plus qu’elle n’oblige les juges, le personnel du tribunal ou les visiteurs
à agir selon les normes d’une confession déterminée. Elle ne nuit pas de
manière déraisonnable à la liberté religieuse, explique le Conseil d’Etat.
"La liberté de conscience et de croyance, qui ne peut être garantie que par
la tolérance, n’est pas lésée".
La querrelle des crucifix remonte en Suisse à 1984, date de l’affaire de
l’école primaire de Cadro au Tessin. Affaire qui déboucha finalement sur un
arrêté du Tribunal fédéral du 26 septembre 1990 déclarant que la présence
d’un crucifix dans une salle d’école primaire était contraire à la neutralité confessionnelle imposée aux écoles par la Constitution fédérale. Le
Tribunal fédéral reconnaissait cependant que le jugement aurait pu être
différent s’il avait été question d’autres lieux ouverts au public comme
les entrées et les couloirs.
Suite à ce jugement, la question de la présence de crucifix dans les locaux des autorités cantonales a été posée dans plusieurs cantons. A Fribourg, l’avocat Rainer Weibel a déposé une plainte administrative le 22 octobre 1990. Cette plainte demandait que les crucifix soient éloignés non
seulement des salles d’audiences et les salles d’attente des tribunaux,
mais aussi des bureaux non ouverts au public, si le personnel y travaillant
ne désirait pas expréssement leur présence. La croix n’est pas seulement
une simple décoration, mais le symbole d’une organisation ecclésiastique
avec son propre système de normes, argumentait l’avocat qui a déclaré vouloir maintenant porter l’affaire devant le Tribunal fédéral. (apic/fn/kbmp)