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    Conférences du Père Jacques Loew et de Mgr de Souza

    Fribourg : les conditions de l’évangélisation (050589)

    Fribourg, 5mai(APIC) Pour marquer son vingtième anniversaire l’Ecole de

    la Foi et des ministères de Fribourg invitait jeudi 4 mai le Père Jacques

    Loew, le fondateur, et Mgr Isidore de Souza, évêque auxiliaire de Cotonou,

    au Bénin, à développer le thème de l’évangélisation. Le Père Loew, traitant

    de l’avenir de l’évangélisation, a exhorté chacun à "ranimer ses

    certitudes" à l’expérience ecclésiale des premiers chrétiens; Mgr de Souza

    a indiqué les difficultés d’une évangélisation en profondeur du monde

    africain. Les deux exposés ont rassemblé quelque 600 personnes à l’Aula de

    l’Université de Fribourg.

    "L’avenir de l’évangélisation : à quelles conditions ?", tel était le

    thème traité par le Père Loew, qui a rapproché les chrétiens d’aujourd’hui

    de ceux des premiers siècles : comme eux ils sont une minorité et l’évangélisation se présente aussi comme un défi dans un monde sûr de lui-même. Le

    Père Loew a tiré deux leçons de la vie des premiers chrétiens : l’exaltation de l’esprit missionnaire et le sens sacerdotal, sentiment d’être

    responsable, comme croyant, de la totalité du monde. Il a ensuite commenté

    les passages-clés de la lettre à Diognète, relevant que la religion des

    chrétiens est avant tout un Mystère : "N’espère pas pouvoir jamais l’apprendre d’un homme" (Lettre à Diognète)

    Un changement de regard

    Ce texte, pour le Père Loew, propose un changement de regard, provoque à

    un dépouillement des habitudes. Le conférencier a insisté sur la spécificité des chrétiens : s’ils vivent comme tout le monde et dans le monde, ils

    se distinguent des autres hommes par leur capacité à "faire pressentir

    l’invisible, une réalité secrète qui vient de l’intérieur et agit au-dehors", leur détachement face aux choses de la terre, leur manière de vivre

    "qui dans sa perfection dépasse les lois" et manifeste "un ordre de valeurs

    révélateur de la présence divine qui habite leur coeur" et leur vocation

    missionnaire. Citant l’Ecriture le Père Loew a affirmé : "Ce que l’âme est

    au corps, les chrétiens le sont au monde" : tel est leur rôle, empreint de

    fidélité, de noblesse et d’ambition. Ainsi, pour son fondateur, l’Ecole de

    la foi est une école de la joie de croire, de la fierté chrétienne.

    Le Père Loew a enfin développé la "triple puissance" qui engage

    l’évangélisation dans l’avenir : puissance de vérité contenue dans le Credo

    de Chalcédoine, unique profession de la foi chrétienne, puissance de nouveauté qui s’affirme dans le sens de la mort présent en tout chrétien,

    puissance de charité, "Amour qui vient de Dieu et retourne à Dieu, unifiant

    Incarnation et Transcendance". Le conférencier a terminé en rappelant que

    personne n’échappe au choix entre Dieu et le monde.

    Fécondité de l’Eglise en Afrique

    Mgr de Souza a enseigné le catéchisme toute sa vie. Il est membre du

    Conseil international pour la catéchèse. Il est actuellement curé d’une paroise de 60000 habitants, préoccupé par le lien entre évangélisation et

    développement. Son exposé, intitulé "Les conditions d’une évangélisation en

    profondeur du monde africain", lui a permis de porter un regard sur l’évolution de l’Eglise africaine et de partager son expérience pastorale.

    L’évêque auxiliaire a commencé par considérer l’Eglise d’Afrique : elle

    est une réalité contrastée et diversifiée, riche d’une fécondité qui lui

    vient des missionnaires, puis d’un clergé autochtone; mais elle gêne en

    dénonçant les manières d’agir non conformes à l’Evangile.

    Une Eglise qui manque encore de racines solides

    "L’Egise africaine est-elle suffisamment enracinée en Dieu pour qu’une

    évangélisation en profondeur soit possible et durable ?" s’est demandé Mgr

    de Souza. Pour y répondre il a examiné trois paramètres, signes d’une Eglise adulte : sa capacité à résister aux germes de mort, sa capacité à surmonter ses crises de croissance et sa capacité de rayonnement. Pour lui,

    évangéliser le monde africain c’est le libérer de l’angoisse qui se traduit

    encore par un syncrétisme pratique, rejoindre Dieu à l’intérieur de sa culture en dépouillant les signes de toute ambiguïté.

    L’Eglise d’Afrique, si elle a été tentée de prendre parfois violemment

    ses distances par rapport aux missionnaires, est aujourd’hui attirée par

    une plus large autonomie vis-à-vis de Rome : des crises de croissance

    qu’elle doit gérer par une participation plus grande des laïcs et un renforcement de sa foi. Mgr de Souza a attiré l’attention sur les dangers des

    médias et l’importance d’acquérir un esprit de discernement et une connaissance du langage et de la logique de ces instruments.

    "Nous ne sommes pas des guérisseurs"

    Il a mis en garde contre deux attitudes à éviter : l’évangélisateur doit

    être reconnu dans sa spécificité : "Nous ne sommes pas des guérisseurs"; il

    ne doit pas provoquer des conversions basées uniquement sur des espérances

    humaines, mais son action témoigne du Christ ressuscité. Rappelant qu’il ne

    faut pas édulcorer le message évangélique, Mgr de Souza s’est réjoui des

    premiers signes de rayonnement manifestés par l’Eglise d’Afrique, souhaitant qu’il s’étende au monde entier : c’est l’oeuvre de l’Esprit.

    (apic/cor)

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