Fribourg: leçon d’adieu du chanoine Georges Bavaud à l’Université (090693)
Fribourg, 9juin(APIC) Le chanoine Georges Bavaud, enseignant à l’Université de Fribourg depuis 27 ans a prononcé mardi sa leçon d’adieu en présence de nombreux collègues et étudiants ainsi que de sa famille. Appelé en
1966 à l’Université pour y enseigner l’ecclésiologie et l’oecuménisme, il
est devenu un des piliers de la Faculté de théologie.
Sa rigueur, son sérieux, sa grande loyauté l’ont toujours tenu éloigné
des honneurs faciles liés à des prises de position excentriques, a relevé
le professeur Guido Vergauwen dans son adresse d’adieu. Son enthousiasme,
son souci d’un dialogue véritable lui ont permis non seulement d’être un
professeur apprécié mais aussi l’auteur de très nombreux articles tant spécialisés que de vulgarisation. Membre de l’Institut d’études oecuméniques
depuis sa fondation en 1964, le chanoine Bavaud est également un interlocuteur compétent et apprécié du dialogue oecuménique. Agé de 70 ans, prêtre
depuis 1948, ce vaudois du district d’Echallens, va jouir désormais d’une
retraite méritée.
C’est avec un brin de nostalgie que le chanoine Bavaud a remercié ceux
qui "comme lors d’un enterrement n’évoquent que les bons côtés de la personne", ne faisant pas mentir par là sa réputation de modestie.
Le Père Jean-Marie Tillard, professeur à l’Université d’Ottawa, invité
pour la circonstance, s’est plu à rappeler en préambule de sa conférence
que "lorsqu’on lit Georges Bavaud, on ne perd pas son temps". Centrant son
exposé sur la catholicité de l’Eglise locale, le professeur Tillard a souligné que la notion de catholique ne concerne pas l’universalité, mais
d’abord la totalité intégrale de la foi, la plénitude de l’authenticité.
Dès la Pentecôte, la petite communauté de Jérusalem est constituée comme
Eglise catholique. Espaces concrets de vie humaine, les Eglises locales
sont diverses de par la loi même de la création. "L’Eglise locale n’est pas
la succursale d’une multinationale", explique le Père Tillard. Mais elle
n’est catholique que dans la mesure où elle est en communion avec les autres, car diversité ne signifie pas division. Evoquant la primauté romaine,
le Père Tillard parle d’un rôle de veilleur, de sentinelle qui prévient des
dangers mais qui annonce aussi l’aurore.
Abordant la controverse de la justification du pécheur par la foi, débat
qui fut au coeur de la Réforme protestante, le chanoine Bavaud, fidèle à sa
méthode, a examiné la pensée des réformateurs Luther, Calvin et Viret
notamment. Aujourd’hui que certains théologiens considèrent la division sur
cette thèse entre catholiques et protestants comme le résultat d’un malentendu plus que d’une opposition de fond, Georges Bavaud insiste sur la nécesité de connaître historiquement ces divergences. Pour lui estimer que
"ces divergences n’atteignent plus les Eglises partenaires actuelles", est
une opinion trop optimiste "même si nous sommes en marche vers un accord".
(apic/mp)