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    La Constitution civile du clergé

    Fribourg: le statut du catholicisme de la France révolutionnaire (071189)

    Fribourg, 7novembre(APIC/Sr Gafah) En cette année de la célébration du

    bicentenaire de la Révolution française, il n’est pas inutile de se souvenir des péripéties de l’Eglise catholique française en cette période de la

    séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Olivier Chaline, agrégé d’histoire et professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, a donné le 6 novembre, à l’Université de Fribourg, une conférence intitulée: "Intégration, séparation ou reconnaissance? L’Etat révolutionnaire

    et le statut du catholicisme 1789-1801". La conférence était organisée par

    le Centre culturel le Sycomore.

    Trois périodes permettent de repérer les trois moments particuliers de

    la définition du statut du catholicisme de la France révolutionnaire. Dès

    le début, entre 1789 et 1791, ce fut la tentative de l’intégration du catholicisme à l’Etat révolutionnaire grâce à la fin de la société d’Ancien

    Régime composée principalement de deux ordres: la noblesse et le tiers

    état, sans oublier l’ordre du clergé, un ordre de privilège politique qui

    fut aboli à la même occasion. Ce qui provoqua la confiscation des biens de

    l’Eglise, la création d’une Eglise d’Etat et l’élaboration de la Constitution civile du clergé. La deuxième période pourrait être placée au milieu

    des années 1790 par la tentative de déchristianisation de la société et

    l’Etat français. Enfin, en 1801, arrive le nouveau Concordat entre le

    Saint-Siège et la France.

    Fribourg: le statut du catholicisme de la France révolutionnaire (071189)

    L’idée et la nécessité nettement marquées par cette Constitution civile

    du clergé est de supprimer un corps, en l’occurrence l’Eglise, qui pouvait

    faire écran entre les citoyens et l’Etat. La Révolution voulait faire disparaître tous les corps intermédiaires. Fribourg: le statut du catholicisme de la France révolutionnaire (071189) ne

    fut pas un texte religieux mais avant tout un texte juridique. Son but est

    de simplifier l’organisation de l’Eglise et, autant que possible, de l’uniformiser avec des unités mieux réparties sur tout le territoire français et

    sur le même modèle.

    Les auteurs de la Constitution civile du clergé

    A l’origine, les auteurs de la Constitution civile du clergé furent les

    membres du fameux Comité ecclésiastique qui s’arrogèrent des pouvoirs considérables. Avec sa devise: "L’Eglise est dans l’Etat et non l’Etat dans

    l’Eglise", ce Comité, membre de l’Assemblée Nationale, estima que rien

    n’était en dehors de sa compétence. L’Assemblée Nationale, légiférant en

    matière religieuse, avait tendance à confondre ses fonctions avec celles de

    l’Eglise. Elle se penchait sur une Eglise qui se construirait sur le modèle

    politique et de plus, elle écartait délibérément toute influence ou référence au Saint-Siège.

    Le contenu de la Constitution civile du clergé

    On peut résumer le contenu de la Constitution civile du clergé en trois

    parties: d’abord, une répartition géographique différente des diocèses qui

    entraîna le remaniement de la carte de ceux-ci: désormais un diocèse

    équivaut à un département. Ensuite, une nouvelle organisation institutionelle calquée sur l’organisation politique. Et enfin, l’unification du statut des évêques par l’abolition des privilèges de certains. De plus, l’évêque est obligé de gouverner avec son conseil et non plus seul.

    Fribourg: le statut du catholicisme de la France révolutionnaire (071189), source de division

    Fribourg: le statut du catholicisme de la France révolutionnaire (071189) votée en juillet 1790 fut une source de

    déchirure profonde dans l’Eglise catholique de France. A l’intérieur du

    catholicisme français, des attentes variées de réformes existaient déjà à

    la fin de 1780. Ces différents courants - politique, religieux et spirituels - n’ont pas abordé la Révolution et la redéfinition de l’Eglise

    catholique française de la même manière. Ce fut ainsi que dès le mois de

    juin 1789 un certain nombre de curés rejoignirent les députés du tiers

    état. Ceux-là, évidemment, et bien d’autres prétèrent serment à la Constitution civile du clergé. Tandis que d’autres subissaient la persécution ou

    étaient contraints à la clandestinité ou à l’exil. Quant à la grande majorité des évêques, ils condamnèrent la Constitution civile du clergé en publiant un texte: "L’exposition des principes sur la Constitution civile du

    clergé". Un des points les plus importants de ce texte fut le rappel de la

    dimension spirituelle et universelle de l’Eglise, sa catholicité ainsi que

    sa communion avec le pape. (apic/pe)

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