Fribourg: Le premier ministre slovène au Symposium de l’UCIP (270991)
L’Europe doit soutenir les conceptions démocratiques en Yougoslavie
Fribourg, 27septembre(APIC) L’Europe doit soutenir en Yougoslavie les
conceptions politiques démocratiques contre les conceptions non-démocratiques et reconnaître au plus vite l’indépendance de la Slovénie, qui dispose
déjà de tous les attributs d’une nation souveraine. Tel est le message délivré vendredi matin à l’Université de Fribourg par Lojze Peterle, premier
ministre du gouvernement slovène aux 180 journalistes et publicistes de
l’Europe de l’Est et de l’Ouest réunis dans le cadre du premier symposium
de la région Europe de l’UCIP, l’Union catholique internationale de la
presse.
Le jeune politicien démocrate-chrétien de Ljubljana a expliqué que si
l’Europe avait reconnu comme sujets de droit international la Slovénie et
la Croatie dès leur déclaration d’indépendance, elle aurait maintenant les
moyens d’intervenir sans qu’on puisse l’accuser de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Yougoslavie, un pays déjà "mort de facto". Jusqu’à
maintenant, a-t-il déploré, on s’est contenté de récompenser l’agresseur
pour son agression, et paradoxalement l’Europe occidentale a dans le passé
plus aidé le dictateur Tito que les gouvernements qui instaurent actuellement la démocratie en Yougoslavie. "Nous demandons de la compréhension de
la part de l’Occident, seule la moitié de la Yougoslavie a été démocratisée", a-t-il lancé. Et de rappeler que c’est d’abord dans ces deux Républiques - la Slovénie puis la Croatie, qui ont le plus souffert du centralisme
et du carcan de Belgrade - que s’est exprimée la volonté démocratique, tandis que la Serbie et le Monténégro restaient sous l’ancien régime.
"Une série d’Etats sont maintenant dans la salle d’attente de l’Europe,
et veulent aussi être une partie de l’intégration européenne", a-t-il
déclaré, regrettant l’écart qu’il y a maintenant entre les déclarations et
promesses de l’Europe occidentale et leur réalisation concrète. Et de noter
une certaine déception qui se fait jour à ce propos en Europe de l’Est.
La Slovénie est une des pierres de touche qui permettront de tester la
sensibilité européenne pour les nouveaux événements en Europe de l’Est et
la fidélité de l’Europe à ses propres valeurs de démocratie, de liberté et
de paix, estime encore Lojze Peterle. Constatant que la haine menace de
s’installer dans les Balkans et qu’il faudra certainement plusieurs
générations pour cicatriser les blessures de la guerre actuelle entre
serbes et croates - le contentieux entre les deux peuples ne datant
d’ailleurs pas d’aujourd’hui - le premier ministre slovène a évoqué la
nécessité d’une rapide réconciliation, car de toute façon ces peuples
devront finir par vivre ensemble comme partie de l’Europe unie. (apic/be)