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    Fribourg: Le Père Sonet bouscule les idées reçues sur les jeunes (060592)

    "La jeunesse d’aujourd’hui vaut bien celle de hier!"

    Fribourg, 6mai(APIC) "Ils ne sont pas si mal, nos jeunes, ils sont sympathiques, généreux, ouverts, ils ont l’esprit critique!", lance le Père

    Denis Sonet. Mais à ces jeunes, il leur faut des parents qui soient de

    vrais éducateurs, qui sachent communiquer et dire qu’ils les aiment, des

    parents qui les "vertèbrent" en faisant ressortir toute la richesse qu’ils

    ont en eux, qui aient confiance en eux. Le ton est donné, le prêtre-éducateur a séduit son public mardi soir au CO de Jolimont, à Fribourg. Ils

    étaient quelque 350 qui ont répondu à l’invitation de l’AVIFA, l’Association "Amour, Vie et Famille", et ils n’ont pas été déçus.

    "La jeunesse d’aujourd’hui vaut bien celle d’hier", insiste le prêtre

    français, en citant des auteurs de l’Antiquité et leurs sentences sur "les

    jeunes d’aujourdhui" qu’on a l’impression d’avoir entendues la veille dans

    une discussion de café de commerce. Animateur du CLER, le Centre de liaison

    des équipes de recherche sur l’amour et la famille à Paris, Denis Sonet

    connaît bien les jeunes: il en rencontre dans son activité un bon millier

    par semaine. Et ce n’est ni le front dégarni ni les cheveux blancs qui impressionnent, mais la verve, l’humour et le sens de la formule. Micro dans

    la pochette du veston, mains dans les poches, il arpente la scène. Le ton

    est juste et il fait mouche aussi chez les jeunes, nombreux mardi soir.

    "Vous les aimez vos enfants, vous les aimez trop, vous les voulez parfaits, sans défauts, qu’ils soient ce que vous n’avez pu ou su être". Et

    oui, les parents veulent souvent bien faire, mais ils ne savent pas s’y

    prendre. Le Père Sonet, "en enfonçant des portes ouvertes", veut déculpabiliser les parents : "Parfois, je n’aimerais pas être à votre place". C’est

    que la jeunesse a changé. "On a une nouvelle race de jeunes tous les 5 ans,

    et les jeunes de 20 ans ne comprennent déjà plus leur petit frère de 15

    ans..." Et il n’y a pas qu’une seule jeunesse, mais des courants. Notre

    jeunesse est prolongée dans la jeunesse, la puberté arrive deux ans plus

    vite qu’au siècle passé mais les jeunes, à cause de la prolongation des

    études, dépendent toujours plus longtemps des parents... A 17 ans, le jeune

    menace de quitter la maison lorsqu’il aura 18 ans. A 28 ans, il faut presque le pousser dehors, ironise-t-il.

    Appel aux pères trop absents

    Les jeunes savent aujourd’hui beaucoup de choses, bombardés qu’ils sont

    de toute part par une avalanche d’informations, exposés à tous vents : il

    n’y a plus rien qui les étonne, ils ont tout vu, tout se dit, tout s’étale,

    il n’y a plus de respect, ni de Mahomet, ni de Jésus... C’est le pluralisme! D’où la difficulté pour eux de trouver des repères, de hiérarchiser les

    informations qu’ils reçoivent. Cette jeunesse est aussi avide de dialogue,

    de rencontre et de communication. Et d’insister sur le rôle déterminant des

    pères, dont l’absence - travail, responsabilités, engagements obligent pèse lourd. Ils ne trouvent pas le temps d’écouter leurs enfants, de leur

    dire qu’ils les aiment. "Si vous ne voulez pas que vos enfants se droguent,

    il faut leur parler, il faut que la tendresse des pères soit exprimée!"

    Mais, reconnaît-il, il n’y a pas de parents protégés, malgré la meilleure éducation: "Vos enfants, ce ne sont pas seulement vos enfants, ils sont

    aussi les enfants de cette société... et de leur propre liberté". Quelques

    recettes pour finir: les parents doivent rester confiants et sereins, "car

    les parents anxieux font des enfants ratés". Des enfants, "il faut en faire

    des vertébrés, pas des huîtres molles à l’intérieur". Aux parents, Denis

    Sonet demande de se former à la communication, "la chose la plus importante

    du monde qui n’est pas dans les manuels scolaires!" Et conclure sous les

    applaudissements d’un public conquis: "Dites à vos enfants qu’ils sont votre joie, et pas qu’ils vos coûtent cher!". (apic/be)

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