"La jeunesse d’aujourd’hui vaut bien celle de hier!"
Fribourg, 6mai(APIC) "Ils ne sont pas si mal, nos jeunes, ils sont sympathiques, généreux, ouverts, ils ont l’esprit critique!", lance le Père
Denis Sonet. Mais à ces jeunes, il leur faut des parents qui soient de
vrais éducateurs, qui sachent communiquer et dire qu’ils les aiment, des
parents qui les "vertèbrent" en faisant ressortir toute la richesse qu’ils
ont en eux, qui aient confiance en eux. Le ton est donné, le prêtre-éducateur a séduit son public mardi soir au CO de Jolimont, à Fribourg. Ils
étaient quelque 350 qui ont répondu à l’invitation de l’AVIFA, l’Association "Amour, Vie et Famille", et ils n’ont pas été déçus.
"La jeunesse d’aujourd’hui vaut bien celle d’hier", insiste le prêtre
français, en citant des auteurs de l’Antiquité et leurs sentences sur "les
jeunes d’aujourdhui" qu’on a l’impression d’avoir entendues la veille dans
une discussion de café de commerce. Animateur du CLER, le Centre de liaison
des équipes de recherche sur l’amour et la famille à Paris, Denis Sonet
connaît bien les jeunes: il en rencontre dans son activité un bon millier
par semaine. Et ce n’est ni le front dégarni ni les cheveux blancs qui impressionnent, mais la verve, l’humour et le sens de la formule. Micro dans
la pochette du veston, mains dans les poches, il arpente la scène. Le ton
est juste et il fait mouche aussi chez les jeunes, nombreux mardi soir.
"Vous les aimez vos enfants, vous les aimez trop, vous les voulez parfaits, sans défauts, qu’ils soient ce que vous n’avez pu ou su être". Et
oui, les parents veulent souvent bien faire, mais ils ne savent pas s’y
prendre. Le Père Sonet, "en enfonçant des portes ouvertes", veut déculpabiliser les parents : "Parfois, je n’aimerais pas être à votre place". C’est
que la jeunesse a changé. "On a une nouvelle race de jeunes tous les 5 ans,
et les jeunes de 20 ans ne comprennent déjà plus leur petit frère de 15
ans..." Et il n’y a pas qu’une seule jeunesse, mais des courants. Notre
jeunesse est prolongée dans la jeunesse, la puberté arrive deux ans plus
vite qu’au siècle passé mais les jeunes, à cause de la prolongation des
études, dépendent toujours plus longtemps des parents... A 17 ans, le jeune
menace de quitter la maison lorsqu’il aura 18 ans. A 28 ans, il faut presque le pousser dehors, ironise-t-il.
Appel aux pères trop absents
Les jeunes savent aujourd’hui beaucoup de choses, bombardés qu’ils sont
de toute part par une avalanche d’informations, exposés à tous vents : il
n’y a plus rien qui les étonne, ils ont tout vu, tout se dit, tout s’étale,
il n’y a plus de respect, ni de Mahomet, ni de Jésus... C’est le pluralisme! D’où la difficulté pour eux de trouver des repères, de hiérarchiser les
informations qu’ils reçoivent. Cette jeunesse est aussi avide de dialogue,
de rencontre et de communication. Et d’insister sur le rôle déterminant des
pères, dont l’absence - travail, responsabilités, engagements obligent pèse lourd. Ils ne trouvent pas le temps d’écouter leurs enfants, de leur
dire qu’ils les aiment. "Si vous ne voulez pas que vos enfants se droguent,
il faut leur parler, il faut que la tendresse des pères soit exprimée!"
Mais, reconnaît-il, il n’y a pas de parents protégés, malgré la meilleure éducation: "Vos enfants, ce ne sont pas seulement vos enfants, ils sont
aussi les enfants de cette société... et de leur propre liberté". Quelques
recettes pour finir: les parents doivent rester confiants et sereins, "car
les parents anxieux font des enfants ratés". Des enfants, "il faut en faire
des vertébrés, pas des huîtres molles à l’intérieur". Aux parents, Denis
Sonet demande de se former à la communication, "la chose la plus importante
du monde qui n’est pas dans les manuels scolaires!" Et conclure sous les
applaudissements d’un public conquis: "Dites à vos enfants qu’ils sont votre joie, et pas qu’ils vos coûtent cher!". (apic/be)