"Je suis un métaphysicien"
Fribourg, 14avril(APIC) Le Père Arthur Fridolin Utz, professeur d’éthique
sociale à l’Université de Fribourg de 1946 à 1978 fêtera le 15 avril ses 85
ans à Pensier près de Fribourg. "Je suis un métaphysicien", explique-t-il à
la veille de son anniversaire.
Né en 1908 à Bâle, Fridolin Utz entre en 1928 chez les dominicains de la
province d’Allemagne. Après ses études, il est promu en 1937 professeur de
philosophie au sein de la Faculté de l’Ordre à Walberberg près de Bonn.
C’est là qu’il publie son premier ouvrage - en latin - sur saint Thomas
d’Aquin. Pendant la guerre, la Faculté est dissoute par la Gestapo et le
Père Utz est nommé recteur d’une paroisse de l’archidiocèse de Cologne. En
1946, il est appelé à l’Université de Fribourg en Suisse pour occuper la
chaire nouvellement créée d’éthique sociale, poste qu’il occupera jusqu’à
sa retraite en 1978.
Dès 1949, la revue "Politeia", éditée par le professeur Utz, devient un
forum international de débat sur les sciences sociales. Aujourd’hui ses
livres sont devenus des classiques dans le domaine. On peut citer la bibliographie d’éthique sociale en onze volumes, ou encore "Entre le néo-libéralisme et le néo-marxisme" traduit notamment en japonais et en chinois.
Le Père Utz a également rassemblé et commenté dans plusieurs volumes les
documents concernant la doctrine sociale de l’Eglise et son développement.
Le professeur Utz et l’Institut international "Humanum" qu’il préside
depuis 1976 ont également organisé de nombreux congrès internationaux. Le
dernier en date marquait à Fribourg au printemps 1991 le centième anniversaire de l’encyclique "Rerum Novarum".
Pour le Père Utz, il faut toujours être orienté vers le but final c’està-dire Dieu. Certains le classent dans l’aile conservatrice, ce qu’il ne
réfute pas "Naturellement je suis un métaphysicien donc conservateur". Il
n’a pas craint par exemple de prendre la parole lors de manifestations publiques du mouvement populaire catholique conservateur "Pro Ecclesia". Pour
lui la cause des tensions qui secouent le catholicisme en Suisse repose sur
une interprétation divergente de la notion d’Eglise. Certes le Concile a
défini l’Eglise comme peuple de Dieu, mais il ne faut pas confondre cela
avec la notion de peuple souverain. La conscience morale des croyants ne
peut pas être une norme pour la vérité. "L’enseignement de l’Eglise est davantage digne de confiance que la conscience individuelle", explique-t-il.
(apic/oe/mp)