Homélie de Mgr Mamie pour Noël à la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg
Fribourg, 26décembre(APIC) "Si Jésus revenait au monde aujourd’hui, s’il
quittait la crèche et les bras de Marie pour venir chez nous, où iraitil?": cette question, Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, l’a posée à une foule dense mardi lors de la messe du jour de Noël,
qu’il célébrait à la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg. Evoquant les
points chauds de la planète, il a rappelé que Dieu invite chacun à collaborer pour plus de paix et de justice dans le monde, témoignant ainsi de sa
présence, rendue visible à Noël. L’évêque a souligné la primauté de la
prière: à côté de chrétiens engagés dans l’Eglise et la société, le Christ
a besoin de saints, car "ce sont ceux-là qui sauvent le monde".
Mgr Mamie était entouré de plusieurs prêtres dont le vicaire général,
Mgr Jacques Richoz, les vicaires épiscopaux pour les parties francophone et
alémanique du canton, les abbés Jacques Banderet et Anton Troxler, le prévôt de la cathédrale, Mgr Edouard Cantin et le chapitre de la cathédrale.
Le choeur de Saint-Nicolas, l’ensemble vocal et l’Orchestre de Villars-surGlâne interprétaient la messe de Saint-Nicolas de Joseph Haydn.
Un Dieu venu partager la souffrance des hommes
La Palestine, le Liban, l’Iran, l’Irak, le Koweït, l’Afrique, l’Asie,
l’Amérique, autant de terres que Jésus, s’il revenait aujourd’hui, visiterait, a affirmé Mgr Mamie: pour consoler ceux qui pleurent, porter la souffrance des familles des disparus victimes de la guerre, partager la vie des
otages et les difficultés de ceux qui ont faim et froid. Mais cette "tâche
sans mesure", le Christ ne veut pas la mener à bien sans les hommes, auxquels il se donne et dont il attend un acte de foi: "Nous voulons t’accompagner parce que, malgré toutes les raisons que nous pourrions avoir d’être
inquiets ou découragés, nous savons, à cause de toi, nous sommes sûrs, absolument sûrs, que tu vas gagner. (...) Nous ne pouvons pas douter qu’avec
toi, malgré ce que humainement et maintenant nous pourrions penser, un
jour, bientôt peut-être, la paix refleurira". Un acte de foi que chacun
peut poser en toute confiance, a relevé l’évêque, car "en ce jour de Noël,
nous pouvons, nous devons croire, c’est-à-dire en être sûrs: Dieu ne nous
abandonnera jamais".
Pour Mgr Mamie, l’appel du Christ continue d’être entendu, au-delà du
découragement et de la tristesse, au-delà de la nécessaire croix du Vendredi-Saint, par des hommes et des femmes de prière, des contemplatifs: "Ce ne
sont pas ceux qui parlent, ceux qui dirigent, ceux dont nous voyons les visages à la télévision: sportifs, champions, vedettes, hommes d’Etat. (...)
Ils ne le savent pas, mais c’est bien eux qui, dans leur silence, leur vie
de solitude avec Dieu, en réalité, portent notre monde, nous portent tous.
Ils portent nos communautés, l’Eglise, le diocèse, mais aussi les hommes
politiques généreux, tous ceux qui veulent un monde plus juste. (...) Ceuxlà, dans leur vie qui paraît si simple, ils sont des saints", ceux que Jésus désire. (apic/com/cor)