Fribourg: l’Université entend encourager la présence (051190)
Fribourg, 05novembre(APIC) Encourager la recherche, s’engager de manière
accrue dans l’examen des questions éthiques que pose la société, développer
l’étude de l’écologie et des sciences de l’environnement, intensifier la
formation continue et promouvoir la présence féminine dans l’Université,
tels sont les objectifs principaux du plan de développement de l’Université
de Fribourg pour la période 1992 à 1995. Ils ont été présentés par le recteur Augustin Macheret lors de la conférence de presse du Rectorat qui
s’est déroulée lundi 5 novembre dans les bâtiments universitaires de Miséricorde. Une conférence de presse qu’il présidait pour la dernière fois: le
15 mars prochain il sera remplacé à la tête de l’Université par le professeur Hans Meier.
Pour réaliser ces objectifs, l’Université est en train de se doter de
structures adéquates. Des efforts ont déjà été faits dans les domaines de
l’écologie et des sciences de l’environnement à travers un enseignement
touchant ces sujets et dispensé dans plusieurs facultés. Une Commission qui
fonctionne depuis un an s’efforce d’intensifier le travail interdisciplinaire, de mettre sur pied un programme de base, d’organiser des colloques
et d’aller à la rencontre de l’opinion publique. Un bureau de coordination
doit encore se constituer.
L’Université de Fribourg, si elle compte actuellement 43,5% d’étudiantes, ne possède qu’un nombre restreint de femmes dans le corps professoral:
45 chargées de cours, 1 professeur associé et trois professeurs ordinaires
sont actuellement en fonction. Pour A. Macheret, il s’agit, plutôt que de
raisonner en termes de quotas, d’encourager l’accès des femmes au doctorat.
Un bureau de consultation sera créé pour examiner cette question; il travaillera en collaboration avec la Commission "Femmes et Université", qui
vient d’être constituée au sein de la haute école.
La formation permanente est, à côté de la recherche et de l’enseignement
l’un des axes fondamentaux du travail de l’Université: il en va d’une part
de la compétitivité de la haute école, d’autre part d’une ouverture, indispensable, au monde professionnel. L’Université de Fribourg l’a compris, qui
a nommé Jean-Paul Rüttimann, directeur-adjoint de la radio suisse alémanique, coordinateur de la formation continue; il entrera en fonction le 15
décembre. Trois projets ont été présentés: des cours de management pour les
responsables d’associations à but non lucratif, des cours de chimie et un
enseignement en langue et culture russes.
Un problème aigu: le manque d’espace
Parmi les problèmes auxquels doit faire face l’Université de Fribourg,
le recteur a évoqué celui, aigu, du manque de place pour la recherche et
l’enseignement. Il faut, a-t-il souligné, renoncer aux solutions ponctuelles, trop aléatoires, et adopter une politique cohérente dans ce domaine.
Si l’achat des bâtiments de Regina Mundi par le canton en 1989 a constitué
un premier pas, le Rectorat veut intensifier ses efforts: dans ce but, il a
acquis des locaux au Portes de Fribourg, sur le terrain de la commune de
Villars-sur-Glâne; il veut en outre utiliser les bâtiments du foyer SaintJustin: des tractations sont en cours actuellement.
Le manque de logements pour les étudiants préoccupe aussi le Rectorat,
qui a créé une coopérative d’habitation (REST) et envisage la construction
d’un nouveau foyer pour étudiants. Pourquoi ne pas loger des étudiants dans
des familles ? "Une famille, un étudiant", a lancé A. Macheret en forme de
slogan, espérant que cette idée fera son chemin.
Le recteur a mentionné le lancement d’un fonds de recherche dans la foulée du Centenaire de l’Université, qui vient de se terminer. L’éthique,
l’écologie et l’environnement, les relations entre la Suisse et l’Europe,
la Suisse et le tiers monde et la politique familiale seront parmi les domaines d’étude privilégiés.
L’ouverture à l’Europe: un atout pour l’Université
L’Université de Fribourg ne veut pas manquer le train de l’Europe. Dans
ce but, elle a déjà signé des accords de coopération et d’échange avec plusieurs universités du continent. Elle veut aussi être associée au programme
européen "Erasmus", qui débutera en 1993: mais cela exige, le Rectorat en
est conscient, la mise en place de structures et de programmes adéquats,
qui sont à l’étude en ce moment. L’Université de Fribourg est membre observateur de la FIUC (Fédération internationale des universités catholiques)
depuis 1957. Une lacune doit être comblée: la remise de bourses aux étudiants des pays en voie de développement, qui étudient à leurs frais ou
sont à la charge d’organismes privés.
Dans le prolongement du Centenaire, le Père Alois Schifferle, aumônier
catholique de langue allemande, publiera le 15 novembre un ouvrage intitulé
"Vocation spirituelle de l’université". Rédigé en quatre langues, il rassemble une cinquantaine de contributions sur les tâches de l’université
catholique dans une société postmoderne sécularisée. Les cent ans de la Faculté de théologie cette année ont été l’occasion de rappeler son caractère
international. Un cahier consacré aux cadres intermédiaires de l’Université
inaugure pour sa part une série de cinq cahiers thématiques sur la
communauté universitaire. (apic/cor)