Fribourg : L’Institut de Journalisme a 25 ans (260689)
Fribourg, 26juin(APIC) L’Université de Fribourg compte au nombre de ses
spécificités un Institut de Journalisme qui fêtait vendredi 23 juin son 25e
anniversaire. Plus d’une centaine d’anciens, de professeurs, d’étudiants et
d’amis de l’Institut de journalisme ont assisté à la présentation de cet
institut universitaire qui, tout en n’étant pas une école professionnelle,
a pour but la formation théorique et pratique des journalistes ainsi que la
recherche dans le domaine des médias. Au cours d’un colloque dirigé par le
journaliste Denis Barrelet, responsables de la formation et journalistes de
haut niveau ont tenté de définir le profil du journalisme de l’an 2’000.
Grâce à la collaboration de la "Communauté de travail de la presse
catholique" naissait en effet il y a 25 ans ce qui allait rapidement devenir l’Institut de journalisme et de communication sociale de l’Université
de Fribourg. Le séminaire de journalisme, qui a débuté au semestre d’hiver
1964/65, était reconnu déjà fin avril 1966 comme Institut universitaire.
Aujourd’hui, l’Institut compte quelque 200 étudiants, dont 120 en section alémanique et 80 en section romande, et il est dirigé par le prof.
Louis Bosshart. Recteur de l’Université, Augustin Macheret a souhaité une
consolidation et un développement de l’Institut de journalisme et un
rééquilibrage linguistique; il a appelé de ses voeux la création prochaine
d’une seconde chaire, de langue française, dont le profil serait similaire
à celle créée en 1981. Il a également souhaité dans ce cadre la création à
Fribourg d’un centre du droit des médias, discipline déjà enseignée à
l’Institut.
Déjà dans les années vingt, l’on parlait à Fribourg d’une formation pour
journalistes, a rappelé le prof. Bosshart. Il y avait une nécessité en effet pour la presse catholique de disposer de bons professionnels, et le
journaliste était à l’époque considéré comme un "missionnaire". L’idée
d’une chaire de journalisme, finalement réalisée aujourd’hui, date d’une
cinquantaine d’années.
Remise du Prix Elisabeth Gaschen
A l’occasion du jubilé, une étudiante de l’Institut, Christine Haldimann, a reçu le Prix Elisabeth Gaschen des mains de Mme Denise Boudry-Wyss,
vice-présidente de l’Alliance des sociétés féminines suisses. Cette organisation faîtière féminine, qui regroupe quelque 400’000 femmes suisses, a
récompensé un travail intitulé "Médias romands et protection de la personnalité". Le Prix défend l’image de la femme dans les médias.
Est-ce le journaliste qui fait le journal ou le journal, la radio, la tv
qui font le journaliste, s’est demandé Denis Barrelet, au cours du colloque
sur le journalisme en l’an 2’000. Les rédacteurs en chef et les responsables de la formation présents à la table-ronde se sont accordés pour dire
que le monde devient toujours plus "médiatisé", complexe et difficile à expliquer, et que le travail du journaliste est de plus en plus "technicisé".
Le journalisme sera à l’avenir encore plus soumis à la concurrence et aux
impératifs de l’économie : on ne parle déjà plus d’émissions, mais de "produit", plus de contenus, mais de coûts...
Contre la technicisation du métier, il semble que la révolte soit sans
espoir, a relevé L. Hasler, vice-rédacteur en chef du St-Galler Tagblatt.
Mais, comme l’a souligné le journaliste tessinois G. Zengari, il ne faut
pas que les journalistes deviennent des fonctionnaires du système de l’information, d’où la nécessité impérative d’une culture humaniste. De son
côté, Claude Torracinta, chef des émissions magazines à la Télévision romande, a déploré qu’il faille travailler de plus en plus vite avec de moins
en moins de temps pour réfléchir, ce qui requiert une culture générale toujours plus vaste. Et de souhaiter un examen d’entrée dans la profession :
"il faudrait mettre la barre assez haut, car il y a encore trop de mauvais
journalistes". (apic/be)