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    Fribourg: l’Europe est inexcusable (100489)

    Fribourg, 10avril(APIC) La Conférence de Bâle sur les déchets spéciaux

    qui s’est achevée le 22 mars par la signature d’une Convention internationale a permis au monde de prendre conscience de l’injustice clandestine qui

    entourait depuis bien des années ce trafic honteux de déchets toxiques.

    Certains pays africains n’ont pas hésité à crier très fort leur indignation

    en jouant un rôle capital lors de cette Conférence. Un prêtre africain,

    l’Abbé Alphonse Quenum, nous fait part aujourd’hui de ses sentiments à la

    suite de la signature de cette Convention internationale.

    Je ne sais tout ce qui a été dit par les Africains à la Conférence de

    Bâle sur les déchets dangereux, écrit l’Abbé Quenum, mais à m’en tenir au

    compte rendu de "La Croix l’Evévement" du 25 mars, je ne puis que féliciter

    le représentant du Togo d’avoir affirmé que "nous ne voulons pas recueillir

    les résidus de la transformation des matières premières que vous nous achetez si bon marché". L’Abbé s’étonne cependant de la modération du Sénégal

    et des autres Etats: "dire, à l’instar du ministre congolais de l’Environnement: ’pour une fois, c’est vous qui êtes demandeurs, laissez-nous vous

    imposer nos conditions’, me paraît mal poser le problème, et déjà une dangereuse complaisance risque d’ouvrir la voie à bien des complicités."

    Un problème moral

    L’Abbé n’hésite pas à écrire: "Je me permets de dire que, pour ce

    qui

    concerne l’élimination et le transport des déchets industriels toxiques,

    les Africains ne devraient pas avoir d’autre choix que d’être maximalistes.

    Un article parle d’un domaine ou "les enjeux sont tout à la fois écologiques, économiques et politiques". C’est sûrement vrai, vu du côté de l’Europe et des Etats-Unis. Pour l’Afrique, le fond du problème est moral et il

    faut le dire même si le mot n’a pas bonne presse. Pourquoi ce qui est mauvais et dangereux pour l’Europe parce que toxique serait-il toléré en Afrique? Pourquoi veut-on nous accabler de nouvelles sources de maux, quand on

    voit tous ceux contre lesquels nous nous débattons déjà? Quand on sait

    qu’on est tenté de mettre en quarantaine notre Continent pour le sida dont

    on veut, à tout prix, nous coller l’origine."

    L’Afrique est techniquement sans défense

    "Nous n’avons aucune concession à faire dans le domaine des déchets toxiques et ce, d’autant plus que nous sommes techniquement sans défense.

    L’Europe est, avant tout, victime de son ’prométhéisme’ affolé. Nous savons

    qu’ici, comme ailleurs, la force risque de créer le droit à nos dépens. Il

    nous faut donc nous battre contre toutes les complicités. L’Europe qui se

    targue de défendre le droit à travers le monde est inexcusable de penser:

    ’vous avez besoin d’argent, prenez nos ordures, on vous paie’. Il n’est jamais normal de jeter ses ordures devant la porte des autres. Notre devoir

    est de crier haut et fort cette injustice", conclut l’Abbé Quenum.

    (apic/pe).

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