Fribourg : l’Ecole de la Foi fêtera ses 20 ans du 4 au 6 mai (270489)
Fribourg, 27avril(APIC/Bernadette Dubois) L’Ecole de la Foi, fondée par
Jacques Loew en 1969, fêtera ses 20 ans d’existence les 4, 5 et 6 mai à
Fribourg. Quelque 90 étudiants venus des quatre continents suivent en ce
moment les cours tout en vivant en petites communautés de quatre à six personnes. "Ce qui fait l’originalité de l’Ecole de la Foi, c’est l’engagement
total qu’elle demande à travers ses trois lignes : études, vie communautaire et prière", a confié Noël Aebischer, directeur de l’Ecole de la foi, à
l’agence APIC.
Suivant l’idéal de leur fondateur, les étudiants de l’Ecole de la Foi
suivent 16 heures de cours par semaine, tout en vivant une vie communautaire et une vie de prière très riches. La vie en commun surtout entre adultes
venant de cultures différentes peut paraître très difficile. Mais chacun,
en apprenant à mieux connaître l’autre, arrive, pendant ces deux ans, à
faire une expérience exceptionnelle. Cette vie en commun avec des moments
réservés à la prière est "nécessaire afin de faire le lien avec les études", nous a déclaré une étudiante.
L’Ecole de la Foi a été fondée à Fribourg, ville paisible et
universitaire, il y a 20 ans par le Père Jacques Loew, dominicain, l’Abbé
Pierre Mamie, avant qu’il ne devienne évêque du diocèse de Lausanne, Genève
et Fribourg, René Voillaume, le fondateur des Petits Frères de Jésus, et
des Soeurs de Bethléem. 1200 étudiants de tous les continents ont déjà
passé par l’Ecole de la Foi en 20 ans. Les cours s’y donnent en français,
c’est pourquoi la majorité des étudiants viennent de France et d’Afrique
francophone.
La formation est surtout axée sur l’Hisoire du salut, avec des cours de
théologie fondamentale, d’études des textes du Concile et de philosophie.
Les cours sont dispensés par des chargés de cours de l’Université de Fribourg ou des professeurs venant de France. Les étudiants viennent à l’Ecole
de la Foi, car ils ont senti le besoin de se ressourcer, d’avoir une formation plus solide. C’est est un centre de formation pour catholiques engagés
qui désirent être encore plus témoins de Jésus-Christ.
Ces deux ans ne sont pourtant pas une période très facile à vivre, il
faut faire des sacrifices, surtout financiers. En effet, la vie en Suisse
est chère surtout pour les étudiants du Tiers-Monde, c’est pourquoi ils
bénéficient de bourses d’études versées par les oeuvres d’entraide, comme
l’Action de Carême en Suisse, Adveniat et MISSIO en Allemagne, ou l’Aide à
l’Eglise en détresse. Mais la vie est modeste pendant ces deux ans d’études
ou les étudiants n’ont que 4 ou 5 heures par semaines pour subvenir à leurs
besoins. Pour les religieux, qui forment les 2/3 de l’effectif, les Congrégations assument financièrement la formation, mais cela concerne surtout
les religieux venant des pays industrialisés. Les laïcs sont eux très souvent soutenus par des groupes d’Eglise.
La question du lieu de formation a été discuté, le projet de construire
une autre Ecole de la Foi dans un pays d’Afrique, par exemple, pourrait
éventuellement être envisagé, mais cela demande toute une infrastructure et
un important financement. "Ce n’est pas pour tout de suite", a souligné
Noël Aebischer. Des sessions ont toutefois lieu chaque année à l’étranger.
(apic/bd)
Le 4 mai, une messe d’action de grâce, présidée par Mgr Pierre Mamie, sera
célébrée à la cathédrale de Fribourg à 10 h. A l’Université (auditoire B),
à 15 h, Jacques Loew donnera une conférence sur "L’avenir de l’évangélisation : à quelles conditions ?". A 17 h, Mgr Isidore de Souza, archevêque
coadjuteur de Cotonou (Bénin) parlera des "Conditions d’une évangélisation
en profondeur du monde africain".
Encadré :
Qui est Jacques Loew ?
Né à Clermont-Ferrand le 31 août 1908 dans une famille incroyante. Jacques
Loew ne trouvera la foi qu’à 24 ans. Deux ans plus tard, il entre dans
l’ordre des dominicains; il est ordonné prêtre en 1939.
Chargé par le Père Lebret d’étudier "le complexe économico-humain" de
Marseille, il se convainc que la seule façon de connaître ce que vivent ces
hommes est de partager leur destin. Il devient docker, en 1941, pour
quelques semaines,. Il le restera douze ans.
Lorsque le Vatican met fin à l’expérience des prêtres-ouvriers, Jacques
Loew choisit l’obéissance et quitte sont travail, mais sans abandonner pour
autant l’évangélisation du monde ouvrier. Il fonde à cet effet une nouvelle
congrégation, la Mission Saints Pierre et Paul. Commencent alors des
voyages en Allemagne, en Pologne, au Sahara, en Amérique Latine. En 1964,
Jacques Loew part pour le Brésil ou il s’installera, avec deux coéquipiers
de sa Mission, à Osasco dans la banlieue industrielle de Sao Paulo. Il y
séjournera jusqu’en 1969, date de la fondation de l’Ecole de la Foi de
Fribourg. Il a alors 61 ans !
En 1981, lorqu’il passe la main à Noël Aebischer, un diacre marié, il se
retire dans un monastère en France ou il partage la vie des moines tout en
continuant à écrire. Il est en effet l’auteur de nombreux livres, dont les
plus récents sont : "Mon Dieu dont je suis sûr" (1986) et "Le bonheur
d’être homme, entretiens avec Dominique Xardel" (1988) (apic/bd)
Encadré :
Soeur Maria-Elisabeth, une religieuse japonaise, est étudiante en 2e année
Sr Maria-Elisabeth, une dominicaine japonaise de la Congrégation romaine de
St Dominique (comme les soeurs de l’Institut St Dominique de Pensier près
de Fribourg), est en deuxième année à l’Ecole de la Foi. Elle et venue à
Fribourg à la demande de sa congrégation, mais elle connaissait et appréciait la spiritualité de Jacques Loew dont deux livres ont déjà été traduits en japonais.
Elle vit chez avec quatre autres étudiantes : deux laïques (une Française et une Polonaise), et deux religieuses (une Canadienne et une Rwandaise). Les quatre continents sont ainsi réunis. Les difficultés, il y en a,
mais ce n’est pas très important. "Si l’on se donne la peine de puiser en
l’autre, on y trouve toujours quelque chose d’enrichissant", affirme Sr
Maria-Elisabeth. L’autre est également une fenêtre sur son pays, un moyen
de commencer à mieux connaître et découvrir le monde, souligne-t-elle.
Le moment le plus fort pour elle pendant ces deux ans d’études ont été
les trois jours de liturgie de la Semaine Sainte que tous les étudiants de
l’Ecole de la Foi ont vécus à Lausanne cette année. "Cela a été pour moi
une synthèse de nos études : écouter la Parole de Dieu, la vivre et la
célébrer", nous confie Sr Maria-Elisabeth. Elle va retourner au Japon dans
trois mois, elle ne connaît pas encore sa prochaine tâche. Avant d’entrer à
l’Ecole de la Foi, elle a été enseignante dans une école catholique privée
à Tokyo. A son retour, elle va peut-être faire partie de petites communautés qui seront créées pour un meilleur dialogue avec les bouddhistes,
mais rien est encore sûr. (apic/bd)