Fribourg : l’Association pour reconstruire Emmaüs lance un appel (170488)
Mettre fin à la répression dans les territoires occupés
Fribourg, 17avril(APIC) Réunie samedi en assemblée générale à Fribourg,
l’Association pour la reconstruction d’Emmaüs - une association qui compte
quelque 200 membres dans toute la Suisse - a lancé un appel aux autorités
religieuses, humanitaires et politiques en Suisse en faveur des Palestiniens occupés par Israël. L’assemblée a débuté par une minute de silence
"pour tous les frères chrétiens, musulmans et juifs morts au Proche-Orient"
depuis le début des troubles qui secouent la région.
L’association demande notamment à la Conférence des évêques suisses, à
la Fédération des Eglises protestantes, au CICR, au HCR, et au Conseil fédéral d’intervenir auprès du gouvernement israélien pour que cessent la répression physique et économique dans les territoires occupés, la destruction de maisons, la confiscation de terres et pour que soient libérés tous
les prisonniers israéliens et palestiniens emprisonnés pour faits de résistance non armée à l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza.
Cette association pacifiste présidée par M. Sami Aldeeb, un juriste
suisse d’origine palestinienne,regroupe des chrétiens, des musulmans et des
juifs dont le but est d’obtenir le retour des habitants du village cisjordanien d’Amwas, cosidéré par certains comme l’Emmaüs biblique, détruit en
juin 67 par l’armée israélienne, qui en a chassé ses 5’000 habitants. Un
parc pour touristes, le "Park Canada", financé par la communauté juive du
Canada, a été implanté sur le site du village et la terre confisquée. Un
comité des habitants d’Emmaüs, présidé par Ahmed Abu Gosh, vient en aide
aux habitants dispersés dans les villages ou dans les camps de réfugiés de
Cisjordanie. Certains réfugiés d’Emmaüs vivent dans la plus profonde
détresse. C’est un dominicain d’origine française, le Père Tournay, ancien
directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem, qui achemine l’aide fournie par
l’Association suisse aux deshérités d’Emmaüs.
L’Association pour reconstruire Emmaüs fait également un travail d’information sur les autres villages détruits par Israël. M. Christoph Uehlinger, assistant en théologie biblique à l’Université de Fribourg et co-auteur d’un guide de la Terre Sainte, a découvert sur une carte géographique
israélienne des années 50 près de 300 villages arabes avec la surcharge en
hébreu "harous", signifiant "détruit". C’est ce qui a poussé l’association
à intervenir à plusieurs reprises l’an dernier pour protester contre le financement de "forêts suisses" sur l’emplacement probable de villages palestiniens détruits. L’intervention énergique l’an dernier de l’association
auprès de M. Thomas Wagner, maire de Zurich, contre l’attribution d’une
somme de 81’000 francs pour une "forêt zurichoise" en Israël a eu pour
résultat le déblocage d’une somme équivalente en faveur de la Centrale Sanitaire Suisse qui gère un hôpital dans la bande de Gaza.
Au programme de ces prochains mois, l’association va envoyer sa
documentation à tous les curés catholiques de Suisse, après l’avoir déjà
fait pour les pasteurs protestants. Elle va également approcher les écoles
pour faire connaître un film documentaire sur la lutte des habitants d’Emmaüs réalisé par la télévision tessinoise. Elle étudie également la possibilité d’une action judiciaire contre le gouvernement israélien pour permettre le retour des habitants d’Emmaüs. Interpellée par les communautés
chrétiennes de la bande de Gaza et de Cisjordanie, dont les témoignages sur
l’ampleur et la cruauté de la répression dans les territoires occupés trouvent peu d’écho en Suisse, l’association va consulter ses correspondants
sur place sur la nécessité d’autres types d’ interventions. (apic/be)