Fribourg : interview de William Neville, président de Pax Romana (030588)
Fribourg, 3mai(APIC/Yvan Mudry) Lors de sa création en 1947, juste après
la guerre, Pax Romana, le Mouvement international des intellectuels catholiques, se proposait d’offrir aux intellectuels une plate-forme d’échange
au-dessus des frontières nationales. 40 ans plus tard, le mouvement a créé
des ponts entre les continents et il fait l’expérience du déplacement
géographique du catholicisme vers les pays du tiers monde. C’est ce qu’a
expliqué le nouveau président du mouvement, l’Australien William Neville, à
l’agence APIC, à l’occasion de la réunion du Conseil mondial de Pax Romana
à Fribourg du 28 avril au 4 mai 1988.
Le mouvement Pax Romana, tel qu’il existe actuellement, a été créé à
Fribourg en 1947. Il y a en fait deux mouvements, le Mouvement international des étudiants catholiques (MIEC), la branche des jeunes universitaires,
et le MIIC, le Mouvement international des intellectuels catholiques. C’est
le Conseil du MIIC qui est réuni à Fribourg. Plutôt que d’intellectuels,
William Neville préfère parler de personnes exerçant une profession libérale. Et pourquoi "Pax" ? "C’est à cause de la guerre, le mouvement est né
juste après la guerre et il se voulait un lieu ou de nouveaux liens puissent se créer", explique le président Neville. MIIC a mis sur pieds
différents secrétariats spécialisés : le Secrétariat international des juristes catholiques et la Société internationale des artistes chrétiens notamment.
Aujourd’hui, la question qui préoccupe le Conseil est celle de l’identité du MIIC, liée à la nouvelle répartition géographique de ses 200’000
membres. Alors qu’en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, le mouvement
est très actif, notamment dans le domaine de la défense des droits de
l’homme, il s’est un peu essoufflé en Europe ou il avait été l’une des chevilles ouvrières de la promotion des laïcs dans l’Eglise. S’y joint un problème d’âge : les membres non-Européens sont en général beaucoup plus jeunes, a rapporté le nouveau secrétaire général, Victor P. Karunan. Un tournant semble avoir été pris entre les deux dernières assemblées plénières de
1983 (Londres) et 1987 (Rome). Lors de la réunion de Rome, la majorité des
membres venaient des pays du tiers-monde.
En Asie particulièrement, le MIIC lutte pour défendre les droits de
l’homme. L’un des participants à l’Assemblée générale de Rome en septembre
1987, Anthony Rodgers, a été emprisonné en Malaisie. Le 19 avril, deux
membres du Mouvement, Tang Lay Lee et Kevin de Souza, ont été incarcérés
pour la seconde fois à Singapour. (apic/ym)