Fribourg: infiltration de l’Eglise de scientologie dans les écoles(141288)
Fribourg, 14décembre(APIC) Le Conseil d’Etat du canton de Fribourg a fait
connaître mardi 14 décembre sa réponse à une question écrite au sujet "des
infiltrations de l’Eglise de scientologie dans l’école fribourgeoise. Il
met notamment en garde les parents d’élèves à propos "d’un Centre privé de
rattrapage scolaire" ouvert le 7 novembre à Fribourg par des membres de
l’Eglise de scientologie. La fréquentation d’un tel "Centre", dit le Conseil d’Etat en s’adressant aux parents, peut amener les enfants "à être
confrontés à des méthodes qui ne sont pas toujours fondées sur le respect
de la personne humaine".
La récente ouverture, à Fribourg, d’un Centre dit de "rattrapage scolaire" dont la direction et plusieurs enseignants sont scientologues, fait
largement commenté par la presse, avait soulevé une vive inquiétude au sein
de la population fribourgeoise. Une inquiétude par ailleurs traduite par le
député Michel Jordan dans sa question au Conseil D’Etat. Il écrivait notamment: "L’utilisation abusive de salles du Collège St-Michel et de fichiers
d’élèves en 1983, puis l’ouverture du centre de rattrapage s’inscrivent
dans une habile stratégie d’infiltration des établissements scolaires" de
la part des scientologues. Le député Michel Jordan demandait en outre au
Conseil d’Etat d’ouvrir une enquête sur les liens du centre de rattrapage
avec l’Eglise de scientologie et d’informer les parents et les enseignants
sur les risques que peut faire courir ce centre à ses utilisateurs potentiels.
Dans sa réponse, le Conseil d’Etat estime que l’information dont il dispose sur le "centre privé de rattrapage scolaire" est suffisante. Il constate que "ses responsables ont clairement fait état de leur appartenance à
la scientologie". Un autre sujet d’inquiétude pour le Conseil d’Etat réside
dans certaines options pédagogiques de la méthode "Apprendre à apprendre",
appliquée au "Centre" et élaborée d’après l’oeuvre de Ron Hubbard, fondateur de l’Eglise de scientologie. "Celle-ci reprend des idées et des démarches connues des pédagogues depuis longtemps", dit le Conseil d’Etat.
Ce dernier tient en outre à relever que la faculté d’enseigner est
déclarée libre dans le canton de Fribourg, et que le "Centre" en question
n’est pas une école privée au sens de la loi scolaire. Il souligne par ailleurs que "l’autorité a refusé à un maître engagé par l’Etat de collaborer
au ’Centre’. Elle renouvellera son interdiction si d’autres demandes lui
parviennent". L’autorité veut éviter par là, dit en substance le Conseil
d’Etat, toute confusion et ne pas cautionner, même de manière indirecte,
une pédagogie profondément éloignée de l’orientatien de l’école fribourgeoise fondée sur la conception chrétienne de la personne et sur le respect de
ses droits fondamentaux. (apic/pr)