De superbes documents dans le noir...
Fribourg, 29novembre(APIC) L’exposition "Images de la Palestine arabe"
présentée d’entente avec l’Institut biblique de l’Université a lieu au 2ème
étage de l’aile Jura de l’Université. Couloir peu fréquenté, très mal
éclairé pour des documents photographiques d’une rare beauté et des cartes
topographiques éloquentes...
"C’était le seul lieu encore disponible", nous a confié M. Esseiva,
responsable de l’exposition. Mais ces problèmes techniques, même s’ils ne
mettent pas en valeur ces documents, n’arrivent pas à les faire taire. Aussi bien les anciennes photos noir-blanc de grande qualité qui s’échelonnent
de 1875 à 1967 que les photos couleurs de la Cisjordanie dans les années
60, de Gaza à la même époque ou des mosquées Omar et Al-Aqsa de Jérusalem,
nous montrent bien que "la Palestine d’autrefois ne ressemblait pas à l’Israël d’aujourd’hui" que c’était loin d’être "un désert inculte, peuplé de
quelques tribus".
Tous les artisans palestiniens occupés au tissage, à la poterie, au
soufflage du verre, les récoltes d’agrumes des cultivateurs arabes, les
élèves souriantes et appliquées de Cisjordanie, la procession de la FêteDieu à Jaffa, etc. sont autant de touches de vie et de bonheur qui contrastent douloureusement avec les réfugiés palestiniens qui fuient devant la
guerre en 1967 sur le pont Allenby dans la vallée du Jourdain...
Les documents qui donnent à réfléchir
-Les 3 photos du village d’Emmaus: en 1958, village paisible; en 1968 ,
rasé au bulldozer, il ne reste plus que quelques herbes; en 1978, les
arbres ont remplacé les réfugiés.
-Les 4 cartes topographiques établies par le gouvernement mandataire
brittanique, puis réimprimées par les autorités israéliennes qui ont fait
ajouter en surimpression violette à côté de toutes les localités disparues
depuis 1948, le mot hébreu de "harus" (détruit, démoli), mot répété plus de
300 fois sur ces cartes.
-La photo de Jérusalem ou l’on voit distinctement l’esplanade du Mur occidental, dit "des Lamentations" dans son état actuel, qui a remplacé un
quartier arabe détruit en 1967; on n’avait proposé à ses habitants que 10
livres (12 francs) par mètre carré pour partir.
-Les 4 cartes montrant l’évolution de la population et de la propriété
foncière en 1878, 1920, 1945 et 1946: la population juive, minoritaire
s’approprie en certains endroits la quasi-totalité des terres en un temps
record.
Les organisations qui ont mis à disposition des documents sont l’Agence
des Nations Unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) à Vienne,
l’Aga Khan Award for Architecture à Genève et l’Association pour reconstruire Emmaus à St Sulpice. Nous rappelons que l’exposition est présentée
à Fribourg du 28 novembre au 13 décembre et qu’ensuite, elle parcourera
toute la Suisse. (apic/bd)