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    L’informaticien M. Künzli à la tête des chrétiens contre la torture

    Fribourg: Election d’un nouveau président de la Coordination fribourgeoise de l’ACAT

    Jacques Berset, Apic

    Fribourg/Wünnewil, 12 septembre 2004 (Apic) L’informaticien Michel Künzli, habitant Guin, a été élu samedi à la tête de la Coordination fribourgeoise de l’ACAT, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture. L’ACAT Fribourg tenait pour la première fois son assemblée générale en Singine.

    Réunis à la maison communale de Wünnewil, la trentaine de membres de la Coordination ACAT Fribourg avaient choisi pour thème la Colombie, un pays latino-américain touché depuis plusieurs décennies par une guerre civile alimentée par le trafic de la coca.

    "C’est ensemble, en se serrant les coudes, que l’on arrivera à faire avancer ce monde vers quelque chose de meilleur", a lancé le jeune informaticien qui remplace à la présidence Jean Widmer, ancien pharmacien à l’Hôpital cantonal domicilié à Villars-sur-Glâne. La Coordination ACAT Fribourg, qui regroupe quelque 400 militants engagés dans la défense des droits de l’homme, déborde sur les régions vaudoises limitrophes d’Avenches et d’Yverdon-les-Bains. Depuis Châtel-St-Denis, l’ACAT Fribourg a également l’intention d’intégrer Montreux et Clarens.

    Une oeuvre de la Providence

    Religieuse oblate de St-François de Sales, Soeur Françoise-Gabrielle a présenté aux "acatiens" réunis à Wünnewil les "Granjas Infantiles Femeninas", une institution qui héberge 180 jeunes filles - des internes de 8 à 17 ans - à Copacabana, à une trentaine de kilomètres au nord de la métropole colombienne de Medellin. Elle a travaillé de 1975 à 1990 dans ce village d’enfants fondé au départ par l’archidiocèse après la grande vague de violence qui a fait des centaines de milliers de morts en 1948 et qui ne s’est pas arrêtée depuis.

    Cette "oeuvre de la divine Providence" ne vit que de dons, venus principalement d’Europe, témoigne la religieuse active à l’Institut St- François de Sales à Châtel-St-Denis. Dirigées par une Bâloise, Soeur Thérèse- Jacqueline Purtscher, les "Granjas Infantiles" accueillent en outre quelque 280 élèves pauvres des villages alentours. L’institution, dont la devise est "Tout m’est joie", les forme aux travaux manuels, mais également en informatique, et offre une bac technique depuis deux ans.

    Peu de place à l’espoir

    Voyageuse dans l’âme - elle a visité l’Amérique latine à la fin des années 70 - Sylvia Simon, professeure de littérature au Collège Denis de Rougemont à Neuchâtel, a passé il y a un an et demi un congé sabbatique d’un an en Colombie pour le compte des Brigades de la Paix Internationales (PBI).

    Son témoignage sur la tradition de violence que connaît la Colombie depuis des décennies ne laisse que peu de place à l’espoir. A l’exception de la guérilla de l’ELN, plus intellectuelle et certainement moins mêlée au trafic de coca qui gangrène le pays, les FARC, la guérilla marxiste fondée il y a 40 ans par des leaders paysans, est devenue elle aussi mafieuse. Elle serait certainement incapable de gouverner un pays moderne et a abandonné ses principes marxistes depuis longtemps.

    Quant au président colombien Alvaro Uribe, il a lui-même menacé les Brigades de la Paix qui protègent les militants des droits de l’homme colombiens. "Le travail des ONG l’énerve profondément et il a qualifié de ’terroristes’ des organisations de défense des droits de l’homme. Il a lui- même mis sur pied des organisations paramilitaires quand il était gouverneur de la province d’Antoquia".

    Et la démobilisation des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), des milices paramilitaires responsables de nombreux assassinats, est pour de nombreux Colombiens un leurre: "Depuis 2 ans, on n’a pas vu beaucoup de changements, les gens ont peur que cette amnistie ne serve qu’à blanchir les crimes des paramilitaires", lance Sylvia Simon. PBI travaille par contre beaucoup avec des organisations religieuses, car dans de nombreux endroits, l’Eglise représente une lueur d’espoir dans un pays qui ne laisse à l’heure actuelle que peu de perspectives. (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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