Fribourg: discussion autour de la chaire (310393)
Le professeur Friedli devrait pouvoir conserver
son enseignement en changeant de Faculté
Fribourg, 31mars(APIC) Après le retrait par le Vatican, pour des raisons
personnelles, de la permission d’enseigner (missio canonica) au dominicain
Richard Friedli, professeur de missiologie et de science des religions,
l’Université de Fribourg envisage de déplacer le professeur Friedli hors de
la Faculté de théologie afin de lui permettre de conserver son enseignement. Pour l’instant il n’est pas question de scinder en deux la chaire de
missiologie et de science des religions.
Le professeur Hermann Venetz, doyen de la Faculté de théologie, confirme
à l’agence APIC que les tractations sont en cours. La solution transitoire
proposée par l’Université consiste à rattacher l’enseignement du professeur
Friedli à la chaire de sociologie (Prof. Lucchini, Faculté de sciences économiques et sociales) et à la chaire d’ethnologie (prof. Giordano, Faculté
des lettres)
A plus long terme, on réfléchit depuis un an à une restructuration plus
globale. Actuellement la sociologie se trouve en effet répartie entre la
Faculté des sciences économiques et sociales et la Faculté des lettres.
L’Université a l’intention de regrouper ces branches pour que les sociologues puissent travailler ensemble. La science des religions pourrait se
trouver dans cet ensemble, explique le doyen. "Pour le moment nous ne voulons pas prendre une décision qui rende difficile cette planification à
plus long terme. On ne touche donc pas à la chaire de missiologie et science des religions au sein de la Faculté de Théologie. A l’avenir, il serait
raisonnable que la missiologie reste à la Faculté de théologie. C’est une
discipline explicitement théologique, tandis que la science des religions
peut être abordée sur un plan scientifique, littéraire ou sociologique et
donc rattachée à une autre Faculté", précise le professeur Venetz.
A propos des raisons qui ont conduit au retrait de la "missio canonica"
du Père Friedli, le professeur Venetz réaffirme qu’il s’agit exclusivement
d’une question de discipline et non de foi. "Ce qu’on a pu dire ou lire en
dehors de ça est tout à fait faux, insiste-t-il, il n’y a eu aucune pression sur des questions théologiques". On sait par ailleurs que le professeur Friedli a l’intention de quitter l’ordre des dominicains dont il est
membre.
Pour le doyen de la Faculté de théologie, la question devrait pouvoir
être résolue pour la rentrée d’automne. "Tout le monde est de bonne volonté, je suis optimiste et je pense que cela pourra se faire. Cela dépend
également du rectorat, peut-être du Sénat de l’Université et de l’Etat."
"En l’état, l’Etat ne donne aucune information sur ce dossier", commente
le Conseiller d’Etat Augustin Macheret, directeur de l’Instruction publique. Le dossier est actuellement à l’examen auprès des instances universitaires qui doivent présenter des propositions à l’Etat. De plus, ajoute M.
Macheret ce dossier présente des aspects personnels et professionnels.
"C’est aussi pour une question de déontologie que je ne peux pas faire de
déclaration." Pour le Conseiller d’Etat, la création d’une nouvelle chaire
ou de nouveaux postes d’enseignants est cependant absolument exclue dans le
contexte du cas du professeur Friedli. "Pour les questions de structures,
nous attendons des propositions que nous examinerons avec tout le sérieux
qui s’impose et en ayant à l’esprit l’intérêt de l’institution", assure M.
Macheret qui n’a pas participé lui-même au groupe de travail. Le professeur
Friedli lui-même est actuellement à l’étranger. (apic/mp)