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    Le président du Conseil des Etats Otto Piller: Ne pas hypothéquer l’avenir

    Fribourg: Dies academicus à l’Université de Fribourg (151193)

    Fribourg, 15novembre(APIC) Faisant allusion au "triste état des finances

    publiques", le président du Conseil des Etats Otto Piller, qui assumait

    cette année la présidence d’honneur du traditionnel "Dies academicus" de

    l’Université de Fribourg, a fermement mis en garde lundi contre la tentation "d’hypothéquer l’avenir" en faisant des économies sur le dos de la recherche scientifique, de l’aide aux universités, des bourses d’études et

    des investissements en faveur des établissements de formation.

    Il est des économies qui coûtent fort cher, a souligné le politicien

    fribourgeois, en relevant que de 1985 à 1992, la part du budget fédéral

    pour la recherche et le développement a passé de 9 à 7,5 %. "Les conséquences négatives se feront sentir un jour et le dommage causé apparaîtra important et sans commune mesure avec l’amélioration toute passagère de la

    situation budgétaire", a-t-il lancé.

    Evoquant le vote négatif de la Suisse le 6 décembre dernier sur l’Espace

    économique européen (EEE), qui a révélé une cassure profonde dans le pays,

    le président du Conseil des Etats - ancien élève de l’alma mater friburgensis - a relevé que l’Université de Fribourg joue, notamment avec son bilinguisme, un rôle essentiel de pont entre la Suisse alémanique et la Suisse

    latine, et de lien également entre la Suisse et l’Europe, par son ouverture

    européenne. Grâce à la signature de conventions de coopération avec d’autres universités suisses et étrangères et à la participation aux programmes

    "Erasmus" et "Comett", les étudiants de Fribourg ont ainsi l’occasion de se

    créer un réseau de relations au niveau mondial.

    Otto Piller a ensuite questionné la responsabilité qui incombe à l’Université pour résoudre aujourd’hui les graves problèmes qui touchent notre

    société - la Suisse est au hit parade des pays pour la consommation de drogues et d’alcool, pour le nombre de malades du sida ou pour le nombre de

    suicides de jeunes - et reproché aux autorités politiques leur impuissance

    dans ce domaine. Le politicien socialiste a finalement plaidé pour la recherche d’une harmonie entre la société, l’économie et l’écologie.

    Dans son allocution, le recteur Hans Meier a également relevé les soucis

    financiers de la Haute Ecole fribourgeoise: la contribution du canton de

    Fribourg au budget de l’Université a diminué, entre 1991 et 1994, de 7 % en

    termes nominaux (compte tenu du renchérissement, de 18% en termes réels),

    alors que le nombre des étudiants a lui progressé de 25 % environ, pour

    atteindre presque le chiffre de 8’000. Malgré ces préoccupations financières, le professeur Meier a quelques raisons de faire preuve d’optimisme,

    notamment en matière de coordination et de collaboration entre les Hautes

    Ecoles suisses - marquées par la conclusion récente entre les Universités

    de Berne, Neuchâtel et Fribourg de la Convention "Benefri" - et l’européanisation de l’Université.

    Lors de la cérémonie du "Dies academicus", à laquelle ont participé des

    représentants des autorités fédérales et cantonales, on notait la présence

    de Mgr Pierre Mamie, évêque du lieu et président de la Conférence des évêques suisses, Mgr Otmar Maeder, évêque de St-Gall, qui a présidé la messe

    en l’église du Collège St-Michel, et Mgr Eugenio Corecco, évêque de Lugano.

    Dans son homélie, à l’occasion de la Fête de Saint Albert le Grand, évêque

    et docteur de l’Eglise, patron des scientifiques dont la fête tombe justement le 15 novembre, l’évêque de St-Gall a considéré avec optimisme les

    tension - qui peuvent être fructueuses - existant entre science et foi.

    (apic/be)

    Encadré

    Cinq nouveaux docteurs honoris causa

    A part la remise d’une dizaine de prix académiques divers, dont pour la

    première fois le Prix Leuba, une distinction oecuménique qui a été décernée

    au prêtre orthodoxe roumain Gheorghe Sava Popa, cinq titres de docteurs honoris causa ont été attribués au cours de ce "Dies academicus" 93.

    La Faculté de théologie a décerné le titre de docteur honoris causa à

    l’abbé Franco Biffi, du diocèse de Lugano, actuellement professeur à l’Université du Latran à Rome, et président de la Fédération Internationale des

    Universités Catholiques (FIUC). Outre son activité universitaire, la Faculté a tenu à honorer Mgr Biffi en tant que conférencier et journaliste pour

    son immense travail de vulgarisation de la doctrine sociale de l’Eglise.

    La Faculté de droit a décerné de son côté le titre de docteur honoris

    causa à la conseillère aux Etats PDC lucernoise Josi Meier, en raison de sa

    contribution au développement du droit dans des domaines importants de la

    législation, comme la propriété intellectuelle et industrielle et le droit

    social. Elle a également honoré son excellence en tant que première femme à

    la présidence du Conseil des Etats, son engagement pour les droits de la

    femme et des personnes socialement défavorisées.

    La Faculté des sciences économiques et sociales a également décerné ce

    même titre au banquier zurichois Heinrich Steinmann pour sa contribution à

    l’introduction de l’informatique dans le monde bancaire. C’est au Suédois

    Bengt Nirje, d’Uppsala, une personnalité ayant beaucoup contribué au développement de la pédagogie curative et ayant joué un rôle de pionnier pour

    l’intégration des personnes handicapées, que la Faculté des lettres a décerné son titre. La Faculté des sciences a quant à elle honoré deux chimistes d’Europe centrale, le Polonais Zbigniew Grabowski, de Varsovie, et le

    Tchèque Rudolf Zahradnik, de Prague.

    Le Sénat de l’Université a décerné le titre de membre d’honneur à l’artiste fribourgeois Emile "Yoki" Aebischer, connu pour ses vitraux, et aux

    industriels Romuald Burkard (SIKA, à Guin) et Günter Tesch (Fabromont, à

    Schmitten). L’Université a encore décerné le titre de Sénateur honoraire à

    l’ancien conseiller d’Etat Marius Cottier, directeur durant 15 ans du Département de l’instruction publique et des affaires culturelles du canton

    de Fribourg. Le Prix du Prince du Liechtenstein, récompensant des travaux

    scientifiques de l’Université de Fribourg se préoccupant d’une conception

    chrétienne de l’homme et du monde a été attribué au prof. Evandro Agazzi

    pour son ouvrage "Il bene, il male et la scienza", et au prof. Riccardo

    Lucchini, pour ses travaux sur les "Enfants de la rue". (apic/be)

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