Fribourg : conférence du conseiller national Vital Darbellay (240589)
Fribourg, 24mai(APIC) Le salaire social, prôné par Léon XIII dans son
encyclique "Rerum Novarum", a mis des années pour être compris et mis en
pratique, mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les
allocations familiales. C’est ce qu’a déclaré Vital Darbellay, conseiller
national démocrate-chrétien valaisan, lors d’une conférence donnée à
l’Université de Fribourg mardi 23 mai.
Vital Darbellay a fait un intéressant rappel historique de la question
sociale. Avant le 19e siècle, le secteur primaire était majoritaire. On
n’avait pas besoin d’une grande organisation sociale. Tout se faisait dans
le cadre de la famille. Au siècle dernier, on passe au secondaire avec la
Révolution industrielle. C’est alors le patron qui décide, l’indépendance
d’auparavant n’existe plus, l’espoir de liberté qui naît est encore précaire. C’est la naissance de la question sociale. Les responsable de l’Eglise
et de la politique s’intéressent à cette question. "On ne peut pas permettre au plus fort de toujours assujettir les plus petits", déclare Vital
Darbellay, "l’Eglise intervient alors et se prononce sur la question sociale". Mais à la surprise générale, l’Eglise n’est plus avec les mieux lotis.
Le conseiller national valaisan a rappelé à ce sujet l’influence de
l’Union de Fribourg sur la rédaction de l’encyclique de Léon XIII "Rerum
Novarum" en 1891. Certaines idées de cette encyclique sont quasi révolutionnaires . Le pape par exemple cautionne les syndicats. D’autre part,
pour Léon XIII, le salaire a une double dimension : il paye le travail,
mais il a aussi une dimension sociale pour permettre au travailleur de
vivre et de faire vivre sa famille.
On a mis des années à comprendre et à faire comprendre cette dernière
dimension du salaire, a déclaré Vital Darbellay. C’est seulement par le
système des caisses de compensation instauré aux alentours de 1950 en Suisse que l’on a pu enfin verser des allocations familiales. Le patron débourse alors au niveau des salaires la même somme pour chaque ouvrier, mais
chaque ouvrier reçoit des allocations différentes suivant ses charges de
famille. En Suisse, ce n’est que 2% du salaire qui sert aux allocations et
c’est une somme de 110 francs qui est versée par enfant aux salariés. Vital
Darbellay souhaite pour sa part que les allocations familiales soient augmentées en Suisse pour correspondre vraiment à ce que coûte un enfant.
C’était la troisième conférence d’un cycle de trois sur la Doctrine sociale de l’Eglise. Elle était d’ailleurs intitulée : "L’enseignement social
de l’Eglise à l’épreuve des faits : la réponse d’un homme politique". C’est
un groupe interdisciplinaire d’une dizaine de professeurs de l’Université
de Fribourg qui réfléchissent sur la doctrine sociale de l’Eglise qui est à
l’origine de ce cycle de conférences. (apic/bd)