Fribourg: Conférence de Mgr Gérard Defois (200590)
L’apport du christianisme à la culture européenne
Fribourg, 20mai(APIC) Dans le cadre des manifestations culturelles organisées par l’Université de Fribourg pour son centenaire, Mgr Gérard Defois,
recteur de l’Université catholique de Lyon, a prononcé vendredi soir à
Fribourg une conférence remarquée sur le thème "Religion et culture dans
l’Europe d’aujourd’hui".
Les groupes "Evangile et Société", le Centre culturel catholique de Fribourg avec la participation de l’Institut international Jacques Maritain,
en invitant Mgr Defois, voulaient célébrer un autre anniversaire: en effet,
il y a 60 ans, le 23 avril 1930, Jacques Maritain , le célèbre auteur
d’"Humanisme intégral" prononçait, également à Fribourg, une conférence intitulée "Religion et culture"
Augustin Macheret, recteur de l’Université de Fribourg, en accueillant
son collègue de Lyon, a souligné les liens existant entre les universités
catholiques de Lyon et de Fribourg, spécialement dans le domaine du journalisme et des communications sociales. Il a souhaité, dans ce moment historique de la construction européenne, un élargissement de cette collaboration.
Entrant dans le vif du sujet, Mgr Gérard Defois dans une première partie, a d’abord relu quelques passages clefs de la conférence de Jacques Maritain dont la pensée, selon lui, est toujours "actuelle, utile et provocatrice", notamment dans le rapport que le philosophe établit entre nature et
culture. Il a souligné aussi l’originalité du rapport de la foi chrétienne
à la culture, en notant que la transcendance biblique est l’antidote du nationalisme exclusif. Enfin il a relevé l’insistance de Maritain sur le lien
souhaitable entre civilisation et contemplation, sur l’éthique de l’être,
éthique contemplative qui fonde la transcendance de l’homme sur la technique.
Le recteur de la "catho" de Lyon a fait alors allusion aux changements
vécus actuellement dans les pays de l’Est européen. Et de lancer: "Ce n’est
pas rien pour nous de voir que les changements ne viennent pas seulement de
forces politiques nouvelles, mais que des croyants et des poètes ont vécu
et vivent une ’dissidence contemplative’ pour ce changement qualitatif dans
leur pays".
Puis, en partant du discours de Jean Paul II fait devant le Conseil de
l’Europe à Strasbourg, Mgr Defois a développé sept marques caractéristiques
de l’apport du christianisme à la culture européenne. En donnant chaque
fois une référence biblique ou évangélique précise pour illustrer son propos, il a montré d’une manière convaincante comment le christianisme a un
message radicalement nouveau par rapport aux religions naturelles issues de
la Grèce ou de la Rome antique. A cause du geste du Vendredi-Saint, on sort
d’une vision ludique de la liberté, conception païenne qui tend à consommer, vers une tradition tragique de la liberté, mais qui nous pousse au sacrifice, au partage et à la solidarité.
Et le recteur de l’Université de catholique Lyon de citer le deuxième
évêque de sa ville, saint Irénée: "Dieu ne se tient pas aux côtés de la
violence". L’homme qui ne craint plus la nature, mais collabore à la création, la notion de la culpabilité, la solidarité qui passe avant les rangs
sociaux, la civilisation de l’amour contraire aux castes et aux aristocraties, la conception universaliste de la vérité chrétienne qui permet l’élan
missionnaire, voilà pour Mgr Defois ce qui fait l’apport original du christianisme à l’Europe.
Dans une troisième partie, le conférencier évoquera les idéologies rencontrées sur la route de l’histoire de l’Europe, ancienne et contemporaine,
comme par exemple le mythe du scientisme, de la science exacte, au risque
de minimiser la foi. Ou bien la concentration de l’homme sur l’immédiat,
par abus des médias et l’on oublie la transcendance. Mais il ne faut pas
désespérer. " Notre monde est en train de subsituer Aristote à Machiavel"
a-t-il ajouté. Ainsi, en politique, la recherche du bien commun (par exemple tout l’effort écologique actuel qui est foncièrement chrétien et non
pas une mode) est le signe d’une grande espérance.
Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a alors remercié chaleureusement Mgr Defois en évoquant avec humour quelques "fioretti"
de Jacques Maritain et du cardinal Charles Journet. La présence de ces deux
grands amis était presque palpable dans le coeur et la pensée des auditeurs
de Mgr Gérard Defois, dans une salle totalement comble et comblée.
(apic/ba)
chacun à
leur maniière ont permis à une salle totalement remplie d’entendre