"Guerre-conflits-paix" à l’Université
Le professeur Johan Galtung: former des "travailleurs de la paix"
Fribourg, 21juin(APIC) "La neutralité est une bonne chose. Nous avons besoin d’une Suisse neutre", a déclaré Johan Galtung, professeur à l’Institut
de la Recherche de la Paix à Stockholm, invité à s’exprimer jeudi et vendredi dans le cadre des journées interdisciplinaires "Guerre-conflits-paix"
à l’Université de Fribourg sur les conséquences de la guerre du Golfe. Il a
lancé un appel pour que soient formés des "travailleurs de la paix" dans
les universités.
Aujourd’hui six blocs sont en train de se former sur la planète, a déclaré Johan Galtung, professeur pour la recherche de la paix et directeur
de la nouvelle faculté de recherche de la paix d’Hawaï: l’Amérique du Nord,
l’Europe, le monde soviétique, l’est de l’Asie, le sous-continent indien et
les Etats islamiques. Les conflits de type économique sont programmés entre
ces six blocs, les conflits entre les grands Etats peuvent se révéler dévastateurs pour toute l’humanité, a relevé Johan Galtung. Dans ce contexte,
rester "neutre" signifie être au-dessus de la mêlée. Une "Suisse neutre"
est un exemple d’un autre art de vie en commun entre les Etats.
Les universités devraient former des "travailleurs de la paix"
Galtung, professeur invité durant un an à l’Université Olaf Palme et qui
a vécu six ans en Suisse, a dit sa conviction que les universités ont une
tâche importante à accomplir dans le domaine de la recherche de la paix. De
même que les hautes écoles forment des "travailleurs sociaux", elles
devraient aussi former des "travailleurs de la paix" en leur dispensant une
formation interdisciplinaire. Ces "travailleurs de la paix", qui devraient
posséder des connaissances étendues sur les religions, pourraient travailler aux Nations Unies, dans les organisations non-gouvernementales, les entreprises transnationales, les ministères des Affaires étrangères et de la
Défense ainsi que d’autres organismes semblables. Galtung accorde aux théologiens "un rôle extraordinairement important" dans le travail pour la
paix. Le professeur norvégien a encouragé les universités à créer des chaires pour la recherche de la paix.
C’est un groupe d’étudiants de l’Université de Fribourg qui est à l’origine des journées interdisciplinaires "Guerre-conflits-paix". Des étudiants
désireux de réagir face à la guerre du Golfe et de développer une réflexion
sur l’engagement de chacun en faveur de la paix. Un regret, confié à
l’agence APIC par l’un des porte-parole des organisateurs: que les professeurs aient témoigné "une acceptation distante" pour leur idée. Le dominicain Richard Friedli, professeur de science des religions à l’Université de
Fribourg, espère que ces journées interdisciplinaires - qui se sont déroulées du 3 au 8 juin et les 20 et 21 juin - donneront une impulsion nouvelle
au travail pour la paix dans la haute école. (apic/gs/cor)