Un objectif : créer quatre nouveaux groupes dans le canton
Fribourg, 2octobre(APIC) Plus d’une centaine de personnes, jeunes et
moins jeunes, ont participé samedi à la cinquième rencontre "portes ouvertes" de la section fribourgeoise de l’ACAT, l’Action des Chrétiens pour
l’Abolition de la Torture, à la salle paroissiale de St-Paul, au Schoenberg. A cette occasion, M. René Canzali, coordinateur de l’ACAT-Fribourg, a
révélé l’objectif de l’ACAT pour 1988/1989 : créer quatre nouveaux groupes
dans le canton.
L’ACAT-Fribourg compte actuellement près de 200 militants dans le canton, membres de groupes locaux et membres individuels. Neuf communautés religieuses apportent leur soutien au mouvement par la prière et la participation aux actions urgentes, comme l’envoi de lettres pour la libération de
prisonniers. Fondée il y a bientôt quinze ans à la demande d’Amnesty International, une organisation non confessionnelle, l’ACAT veut interpeller les
Eglises sur les responsabilités qu’elles ont face aux plus pauvres.
La prière : moyen de lutte contre la torture
"Y a-t-il plus pauvre parmi les pauvres que les torturés ?", demande
René Canzali. Par rapport à Amnesty, l’ACAT a sa spécificité : elle lutte
pour la libération des personnes torturées à l’aide de lettres et d’actions
publiques, mais intercède également par la prière pour les victimes et
leurs bourreaux. Elle lutte contre la torture, non seulement celle qui est
appliquée aux prisonniers d’opinion, mais aussi aux prisonniers de droit
commun. L’ACAT milite encore depuis peu pour l’abolition de la peine de
mort. C’est un mouvement oecuménique qui compte actuellement plusieurs milliers de membres en Suisse et 20’000 dans le monde.
Deux conférences étaient au programme, l’une donnée par Jacques Berset,
journaliste, sur l’existence dans certains pays d’"écoles de torture" et
l’autre de Mme Marie-Thérèse Bouchardy, membre du comité de l’ACAT-Suisse
sur le thème "Evangile et torture : la création de l’ACAT". Face à la réalité de la torture, pratiquée dans près de la moitié des pays du monde, la
référence suprême de l’ACAT est l’Evangile, a rappelé Mme Bouchardy : "Nous
serons jugés sur l’amour, dit l’Evangile de Jean, et qu’y a-t-il de plus
opposé à l’amour que la torture?". La rencontre s’est terminée par un service oecuménique présidé par le Père André Valet, supérieur du couvent StHyacinthe et Mme Hedwige Schneider, présidente du Conseil synodal de
l’Eglise évangélique réformée du canton de Fribourg. C’est Marie-Pascale Le
Bé, ex-première danseuse du ballet du théâtre de Berne, qui a animé et fait
participer l’assemblée par la gestuelle du corps, avant que la rencontre ne
se termine par un souper fraternel. (apic/rc/be)