Nouvel appel aux paroisses
Fribourg, 1ernovembre(APIC) Bonne nouvelle pour le centre de rencontres
pour jeunes "Au Carrefour" à Fribourg. Selon le contrat de location passé
avec la ville de Fribourg, propriétaire de la maison qui héberge le centre,
les usagers et les animateurs du "Carrefour" auraient du quitter les lieux
au 30 juin 1988 pour de nouveaux locaux dans l’ancien Hopital des Bourgeois. Après négociations avec la ville, les jeunes pourront en principe
garder "leur" maison cinq années supplémentaires. Ceci étant, le "Carrefour" n’est pas au bout de ses soucis, financiers notamment.
Ce centre pour jeunes - fondé en 1981 par l’abbé Claude Ducarroz et
animé par une équipe composée essentiellement de bénévoles - n’a toujours
pas de rentrées régulières. Son budget 87/88 se monte à un peu moins de
25’000 francs (alimentation, entretien et location de la maison, téléphone,
TV, frais de bureau et d’animation). Ce budget modeste se maintient au niveau de l’année précédente, mais le déficit prévu est de près de 9’000
francs, qui devrait etre partiellement couvert par des dons ou éventuellement par des souscriptions régulières des paroisses.
Le "Carrefour", une autre façon d’évangéliser
Les soucis financiers du centre sont réels. Si deux demi-salaires (celui
de l’abbé Hervé Mas, aumonier du "Carrefour" et de Frédéric Maillard, animateur) sont pris en charge par les "taches supraparoissiales", les animateurs du centre souhaiteraient que les paroisses s’engagent de façon régulière, notamment par le biais de souscriptions. "Nous faisons au "Carrefour" un travail d’évangélisation dans le décanat, souligne l’abbé Mas, et
il est normal que nous nous tournions vers les paroisses". Ainsi, dans les
semaines et les mois à venir, des contacts seront pris avec les Conseils de
paroisses et peut-etre aussi avec les Conseils de communauté des paroisses
de la région de Fribourg. En effet, les jeunes qui fréquentent le centre cinquante à septante "passages" par semaine - viennent de toute la région
et pas seulement de la ville.
Le "Carrefour" s’était déjà adressé aux communautés religieuses de la
ville pour établir un parrainage financier et spirituel (veillées de
prières) avec un certain succès. Quant aux paroisses, intéressées au premier chef par ce travail d’évangélisation (qui se fait essentiellement par
le témoignage et le vécu, précise Frédéric Maillard), elles n’ont pas
répondu avec beaucoup d’empressement aux demandes d’aide du "Carrefour" envoyées en mai dernier. Si elles sont en principe d’accord de verser des
dons, elles ne veulent pas s’engager dans la durée, c’est pourquoi les animateurs de "Carrefour" vont aller prochainement dans les Conseils de paroisse expliquer personnellement leur projet.
Comme l’a relevé au cours de cette assemblée l’abbé Henri Schornoz, vicaire épiscopal, ce problème financier est d’ordre structurel, les paroisses rechignant à verser leur quote-part aux "taches supraparoissiales", ce
qui dénote un repli sur soi des paroisses. "Elles ne veulent pas se lier,
a-t-il souligné, ... elles sont généreuses, mais ce n’est pas régulier".
Ainsi, il faut quémander auprès des paroisses pour les taches de catéchèse,
de formation, pour les besoins au niveau romand ou suisse, voire pour le
salaire de l’éveque... Et d’encourager les animateurs du "Carrefour" à
s’intéresser à l’avant-projet de loi Eglises-Etat en consultation jusqu’en
février. Quant à l’apport de l’Eglise évangélique réformée du canton de
Fribourg, qui avait délégué à cette assemblée Mme Elisabeth Moser, il
devrait etre un peu plus important, d’autant plus qu’un nouvel animateur
pour la jeunesse réformée du canton, le pasteur Bernard Russier, est engagé
depuis septembre dernier. Ceci permettra une intensification des relations
de l’Eglise réformée avec le "Carrefour", relations qui s’étaient quelque
peu relachées avec le départ de Jean-Daniel Lenoir, qui travaillait à mitemps au "Carrefour" pour l’Eglise réformée. (apic/be)