Fribourg: assemblée générale de l’ACAT Suisse (140692)
Fribourg, 14juin(APIC) Quelque 150 personnes ont participé samedi à Fribourg, à l’assemblée générale de l’ACAT Suisse, l’Action des chrétiens pour
l’abolition de la torture. Le mouvement, né il y a 11 ans, regroupe aujourd’hui près de 2’000 personnes, paroisses et communautés de Suisse.
L’ACAT a lancé en 1991 113 appels urgents concernant des cas de tortures ou
de mauvais traitements dans 54 pays et touchant 425 personnes et 16 groupes. 32 personnes ont été libérées suite à ces interventions.
Malgré le vent de démocratisation qui soufle un peu partout dans le monde la torture n’est pas en régression. A côté des formes "traditionnelles"
de torture exercées par la police ou l’armée, l’esclavage pour dettes, la
prostitution enfantine, les assassinats des enfants des rues ou encore le
massacre de populations civile dans les pays en guerre sont sans conteste
des formes de tortures, a rappelé à l’assemblée Eric Sottas, directeur de
SOS Torture, une organisation non gouvernementale basée à Genève qui tente
de répertorier les cas de tortures dans le monde et de coordonner les actions des groupes de défenses des droits de l’homme. Cette situation nécessite un élargissement de l’action pour s’attaquer aux causes de la violence
et de la torture. Notamment par des politiques de développement tenant
mieux compte de la situation sociale des populations.
Le Père capucin Anton Rotzetter, membre sortant du comité, a de son côté
rappelé ce qui fait la spécificité du mouvement, à savoir la certitude que
Dieu est là dans l’histoire, qu’il est l’Emmanuel: Dieu avec nous. L’Evangile atteste d’abord l’expérience de la grâce et ensuite seulement exige
une nouvelle façon d’agir. Il a souligné que la foi n’est pas une consolation à bon marché, mais que maintenant déjà Jésus marche avec nous et réalise les aspirations des pauvres. Les participants ont discuté ensuite en
ateliers linguistiques sur trois thèmes: l’esclavage, les riches et les
pauvres, et l’Etat.
L’après-midi a été consacrée à l’assemblée statutaire sous la direction
du président Jean-Claude Huot. Si le bilan est globalement positif il y a
quelques ombres au tableau. Les comptes 1191 indiquent un déficit de 43’000
francs qui oblige l’assemblée à accepter une augmentation des cotisations.
Le comité suisse voit le remplacement de trois membres, mais la question de
l’équilibre linguistique et confessionnel en son sein n’est pas pleinement
résolue. Enfin le développement du mouvement exige une redéfinition des
structures. Des nouveaux moyens doivent être mis en oeuvre pour améliorer
la communication à l’intérieur de l’ACAT, mieux faire le lien avec les
Eglises, éviter une surcharge de travail au comité et au secrétariat central et enfin promouvoir l’autonomie de la base. Le comité planchera sur
une modification de l’organisation et des statuts qu’il soumettra en principe à l’assemblée 1993.
Au niveau international, l’ACAT Suisse s’est très engagée dans la Fédération internationale des ACAT (FIACAT) et a eu de nombreux contacts qui
devraient déboucher l’an prochain sur la création de groupes ACAT en Hongrie et en Roumanie. (apic/mp)