Fribourg: Assemblée ecclésiastique provisoire (310193)
Grangeneuve, 31janvier(APIC) L’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire du canton de Fribourg ne disposera pas d’une ’super-commission’ chargée d’examiner si les décisions des délégués respectent la "communion ecclésiale". Les délégués ont refusé à une large majorité la proposition de
Hans Haefliger qui craignait de voir les réflexions de l’Assemblée trop influencées par "l’esprit du temps" au détriment du respect du Magistère. Les
83 délégués présent samedi à Grangeneuve à la 5e séance plénière de l’Assemblée ont en outre approuvés les les comptes et le budget, et procédé à
l’élection des six Commissions de travail. Les délégués ont également renoncé à toucher des jetons de présence pour les séances de l’assemblée, se
contentant d’indemnités de déplacements.
Nicolas Michel, président du groupe de travail préparatoire a d’abord
présenté les comptes des sommes engagées depuis 1990. Le total se monte à
126’884,10 francs. Les délégués suivant en cela les vérificateurs des comptes lui en ont donné décharge sans discussion en remerciant le groupe de
travail pour l’usage parcimonieux des fonds et le grand travail accompli
bénévolement.
Le budget 1993, prévoit de son côté des dépenses pour 290’000 francs
dont la plus grande part est destiné aux frais de secrétariat et de traduction. Le seul poste à être remis en cause fut celui de la traduction simultanée lors des séances de l’assembleé, un luxe inutile au yeux de certains.
Le Bureau a rappelé que cette exigence était expréssement dictée par le réglement (art.25,2) voté par l’Assemblée lors de la précédente séance.
Pas de "super-commission"
La proposition de Hans Haefliger (St-Sylvestre) de créer une commission
spéciale chargée d’examiner les travaux sous l’angle de la "Communio ecclesiasticia", c’est-à-dire de leur conformité avec la conception de l’Eglise
universelle comme Corps du Christ, n’a pas été admise. Hans Hafliger
craignait que "les réflexions des membres des commissions soient d’avantage
influencés par une vision sociologique et politique de l’Eglise que par la
conscience de la nature de l’Eglise en tant que Corps mystique du Christ."
Sentant le danger d’une commision de contrôle trop centralisatrice, les délégués ont estimé que ce souci devait être partagé par tous, et qu’il
n’était pas nécessaire de créer une commission particulière. L’évêque et
ses représentants sont les premiers responsables du respect de cette communion ecclésiale. Après une longue discussion derrière laquelle on a senti
s’affronter une conception de l’Eglise comme hiérachie à une conception
d’Eglise de la base plus démocratique, on s’en tiendra au statu quo, c’està-dire aux termes du préambule de projet de statut.
La suggestion de Mgr Mamie d’organiser pour les délégués une journée de
récollection et de rencontre, hors de toute séance de travail, a reçu un
accueil favorable. Le Bureau y réfléchira.
Par solidarité avec les plus démunis et par souci d’économie, les délégués ont accepté à une large majorité de ne pas toucher d’indemnités de séances. Ils toucheront par contre des indemmnités de déplacement et, sur
proposition de Andrea Siegen-Schmid (Fribourg) et de Hans Haefliger (St
Sylvestre), des indemnités pour les autre frais effectifs, comme par exemple des frais de garderie d’enfants ou de remplacement professionnel. Le
non aux indemnités de séances est aussi un ’non’ à la proposition de Jacques Berset (Cormérod) de créer un fonds de solidarité alimenté par les
sommes ainsi épargnées. Pour les frais de transports, on s’en tiendra au
barême de l’Etat. On renoncera à dimunuer les indemnités de 55 à 33 centimes par kilomètre, à ne payer des indemnités que dans un rayon supérieur à
10 kilomètres ou à ne payer que le prix des transport publics. Ces frais
seront assumés, selon la loi, à moitié par l’Etat et à moitié par les paroisses.
L’élection des présidents et des membres des six commissions de travail
s’est faite sans histoire, après que Michel Monney au nom du bureau a expliqué à Paul Bersier (Givisiez), chiffres et tableaux à l’appui, que la
répartition prévue était la plus équitable possible. On a tenu compte au
mieux des critères régionaux et lingusiutiques ainsi que des souhaits de
chacun des délégués.
Avant de clore la séance, le président Jacques Ducarroz a donné la parole à Fernand Beaud (Fribourg) qui propose d’étudier le transfert de l’élection du prévot de la cathédrale St-Nicolas du Grand Conseil à l’autorité
ecclésiatique. Ceci afin de respecter l’article 2 de la Constitution cantonale qui prévoit l’autonomie des Eglises. A suivre. (apic/mp)