Fribourg: Assemblée des délégués de la FEPS (220692)
Fribourg, 22juin(APIC) Le dernier document du cardinal Ratzinger "Sur
certains aspects de l’Eglise comprise comme communion" fait des vagues dans
les milieux protestants. Lundi à Fribourg, à l’occasion de leur assemblée
générale, plusieurs délégués de la Fédération des Eglises protestantes de
la Suisse (FEPS) n’ont pas apprécié le passage de la lettre aux évêques
catholiques soulignant la permanence du primat de Pierre dans ses successeurs, les évêques de Rome, qui doit être reconnue par tous les chrétiens.
L’affaire Haas et l’Opus Dei préoccupent également les délégués de la FEPS
réunis jusqu’à mardi sur les bords de la Sarine.
L’occasion de ce "débat oecuménique" a été fournie par la lecture d’un
paragraphe sur l’oecuménisme contenu dans le rapport annuel 1991 de la
FEPS. Le pasteur Paul Jäggi, de Frick (AG), a relevé que le document romain
"sur certains aspects de l’Eglise comme communion" touche également l’Eglise protestante. En effet, le document laisse entendre qu’une conception de
l’Eglise et de la communauté qui part de la base - en se fondant sur la
phrase de l’Evangile de Matthieu : "Là où deux ou trois sont réunis en mon
nom...." est inacceptable. Concernant la phrase sur le primat de Pierre, il
a déclaré qu’elle implique que les orthodoxes comme les protestants reconnaissent le primat du pape. Le pasteur Jäggi a demandé au Conseil de la
FEPS s’il ne devait pas, lors de sa prochaine séance de septembre avec la
Conférence des évêques suisses (CES), solliciter d’elle une prise de position sur les déclarations du cardinal Ratzinger.
Le pasteur Rusterholz, président du Conseil de la FEPS, a répondu que
les questions pendantes sont toujours traitées de façon détaillée avec la
CES. Le climat et l’entente avec les membres de la Conférence des évêques a
toujours été bon et on a pu mettre les questions sur la table, tout en sachant bien que "la marge de manoeuvre des évêques est relativement restreinte". Mais dans une récente lettre et une discussion qu’il vient
d’avoir avec le président de la CES, Mgr Pierre Mamie, il a été convenu que
lors de la rencontre entre la CES et et la FEPS en septembre, l’on discutera de ce que l’on comprend par oecuménisme et les protestants entendent
bien exprimer à cette occasion la conception qui est la leur.
A propos de l’affaire de Coire, le pasteur Ernst Meili, de Zurich, a regretté qu’aucune solution n’ait été apportée depuis la visite de l’archevêque allemand Karl-Josef Rauber, envoyé par le pape en Suisse pour s’informer de la situation créée par la nomination de Mgr Haas. Dans le même contexte, le pasteur Meili a déploré la béatification de Mgr Escriva de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei. Il a estimé que cette organisation, "en
tant que prélature personnelle soumise directement au pape est une mise en
question de l’image de l’Eglise du Concile Vatican II" qui apparaît comme
"un instrument de mise au pas de l’Eglise locale". (apic/eg/be)