Fribourg : 6ème Conférence Européenne de Pax Romana (280990)
Fribourg, 28septembre(APIC) Les intellectuels catholiques d’Europe ne
peuvent rester indifférents aux transformations fondamentales que connaît
notre continent, a déclaré le syndic Claude Schorderet lors du vernissage
de l’exposition d’artistes chrétiens dans le hall d’honneur de l’Université. Intitulée "L’art chrétien face au changement des valeurs", elle est
présentée jusqu’au 14 octobre dans le cadre de la 6ème Conférence européenne de Pax Romana. Le syndic de Fribourg a salué à cette occasion la présence dans l’enceinte de notre Alma Mater de nombreux intellectuels catholiques d’Europe de l’Est, des pays dont les populations ont été privées 40
ans durant de contacts extérieurs avec le monde libre.
Ce congrès de Pax romana, a encore déclaré Claude Schorderet, est le témoignage d’une grande solidarité "qui doit s’exprimer comme un enrichissement mutuel où les valeurs traditionnelles doivent être consolidées". Il a
également souligné que l’existence de l’Université a permis à Fribourg
d’acquérir un rayonnement international et l’a empêché "de sombrer dans une
sorte d’asphyxie provinciale".
Offrir un "supplément d’âme"
C’est l’Université en effet qui a été à l’origine en 1921 (avec la Société des Etudiants Suisses) de la fondation du Mouvement International
d’Etudiants Pax Romana, puis du Mouvement International des Intellectuels
catholiques (MIIC) en 1946, a rappelé le prof. Ramon Sugranyes, coordinateur du Centenaire de l’Université. Evoquant les changements survenus en
Europe, il a exhorté les participants à ne pas refuser le monde actuel,
mais à lui procurer "un supplément d’âme".
Dans les couloirs de l’Université, on peut ainsi entendre ces jours-ci
parler une quinzaine de langues différentes. Venus de tous les coins de la
"maison commune européenne" - de l’Atlantique à la Lituanie - plus de 250
intellectuels catholiques se penchent jusqu’à dimanche soir sur le thème
"Les chrétiens face aux changements de valeurs dans la société sécularisée
et pluraliste".
Appelés à être des "acteurs éthiques"
Ces intellectuels, le Père jésuite Gonzague Callies, du Centre culturel
"Les Fontaines", à Chantilly, les a appelés à être des "guetteurs", des
véritables "acteurs éthiques" dans le monde de l’économie, de la finance,
de la politique, pour infléchir les décisions à prendre en fonction d’une
vision évangélique, dont le soubassement repose sur les deux premiers commandements : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. L’"acteur éthique", at-il encore précisé, ne se contentera pas de remèdes individuels, mais
devra agir, selon l’expression de Jean Paul II, au niveau des "structures
de péché".
Après la journée des secrétariats spécialisés du MIIC - le SIAC pour les
artistes (qui a organisé l’exposition dans le hall d’honneur), le SIESC
pour les enseignants secondaires, le SIIAEC pour les ingénieurs, agronomes
et cadres économiques, le SIJC pour les juristes et le SIQS pour les questions scientifiques, les congressistes ont assisté vendredi à une série de
conférences qui se poursuivront samedi et dimanche. ,
La crainte d’un "nouveau Rapallo"
Andrzej Wielowieyski, vice-président du Sénat polonais et secrétaire général des Clubs d’Intellectuels Catholiques en Pologne (KIK), a évoqué vendredi les dangers et défis qui se présentent pour les pays de l’Est : le
populisme, l’autoritarisme et le nationalisme. Il a surtout exprimé les
craintes, en raison du vide causé en Europe centrale par l’effondrement du
communisme, d’un "nouveau Rapallo", (allusion au traité entre l’Allemagne
et la Russie en 1922), d’un partage de la région en une zone d’influence
entre Russes et Allemands si les autres pays d’Europe restent sans réagir.
Il a aussi relevé que dans les pays de l’Est, la démocratisation de l’Eglise dépend de la démocratisation générale de la société.
Samedi, Adrian Holderegger, capucin et professeur de théologie morale à
l’Université de Fribourg, analyser le mode de décision dans l’Eglise. Il
constate que "de plus en plus les chrétiens, dans l’Eglise, doivent subir
les décisions", en mentionnant notamment les cas de nominations épiscopales
contestées. Et de relever que ce statut est plus difficile à accepter encore quand on est soi-même engagé (et c’est le cas des participants au Congrès) dans les processus de décisions sociales et économiques. L’orateur
plaidera pour un modèle de coopération dans l’Eglise, définie comme "communio", où il y a un dialogue interne et une communication qui ne soit pas
unilatérale.
Andrzej Wielowieyski, vice-président du Sénat polonais et secrétaire général des Clubs d’Intellectuels Catholiques en Pologne (KIK), évoquera les dangers et défis qui se présentent pour les pays de l’Est : le
populisme, l’autoritarisme et le nationalisme. Il relèvera aussi que dans
les pays de l’Est, la démocratisation de l’Eglise dépend de la démocratisation générale de la société. Dimanche, Hann-Barbara Gerl-Falkovitz, professeur à Munich, se mettra "à la recherche de la nouvelle chrétienne", dans
une conférence sur les rapports entre la Femme et l’Eglise, tandis que le
professeur napolitain Marco Ivaldo va plaider pour une revitalisation de
l’éthique. La dernière conférence sera donnée par le Père Laszlo Lukacs, de
Budapest, directeur du Service de presse de l’épiscopat hongrois, sur le
thème "Comment revitaliser la spiritualité ?". (apic/be)