Fribourg, 26avril(APIC) Le quechua, la langue des Incas, millénaire sans
vit naître, le Pérou? Depuis vendredi 23 avril et durant tout le semestre à
raison de deux cours hebdomadaire, onze étudiants, Suisses et latino-américains, planchent sur les rudiments de cette langue à l’Université de Fribourg. "Un cours privé" pour l’instant, assure-t-on à dans les couloirs de
la Haute Ecole... mais qui pourrait bien un jour figurer au programme de la
Faculté des lettres. Une heureuse initiative si l’on songe qu’aucune Université péruvienne n’enseigne ce moyen d’expression, pourtant véhicule de
communication pour 60% au moins de la population péruvienne.
Cette langue n’appartient pas encore au groupe de langues et de littérature ibérique. "Mais j’espère, avec le temps, notamment avec la collaboration des ethnologues de l’Université, constituer un groupe d’étude du quechua dans le cadre de la Faculté. Impossible pour l’heure de mettre le quechua au budget de l’hispanistique", confie Pedro Ramirez, professeur de
langues et de littérature ibérique, initiateur de ce cours. Mais aussi élève assidu.
L’intérêt pour l’étude du quechua ne date pas d’hier en Suisse. Au siècle passé, Johann Jokob von Tschudi, de Glaris (1818-1889), considéré comme
l’un des spécialistes de cette langue essentiellement orale, publiait plusieurs ouvrages et recherches sur le sujet, dont une grammaire et Ollanta,
un drame traduit du quechua en allemand. Les Universités de Zurich et de
Berne s’y sont intéressées elles-aussi en mettant sur pied des cours, bien
avant Fribourg.
L’an passé, explique le professeur Ramirez, nous avons effectué des recherches sur l’histoire de la conquête, par l’étude de l’Inca Garcilaso de
la Vega. "D’où l’intérêt de l’étude du quechua". Un suivi par rapport à
l’histoire, pour mieux la comprendre, à travers une culture que la conquête
va mettre à mal sinon en péril. Une culture, exprimée à travers une langue,
qui est encore et toujours celle des "campesinos" des andes et de millions
d’autres péruviens sur l’ensemble du territoire. "Ce sont les missionnaires, qui les premiers, ont étudié le quechua, pour écrire des catéchismes,
des listes de péchés...", assure Pedro Ramirez. D’autres s’y interreseront
par la suite, pour tenter de faire passer cette langue de l’oral à l’écrit.
"D’où la difficulté d’ordre didactique pour l’enseignement de cette langue.
Il existe aujourd’hui une grammaire quechua en espagno et en allemand. Mais
pas en français. D’où également la nécessité de travailler sur la base de
la connaissance préalable de l’espagnol pour l’étude de cette langue totalement différente par rapport aux langues que nous connaissons. Il faut oublier toutes les notions grammaticales des langues européennes et se submerger dans une autre mentalité".
Valorisée aujourd’hui à Fribourg, la langue des Incas a accompagné
l’autochtone tout au long des
cinq derniers siècles. Dans le mépris et la discimination. Et nombreux sont
aujourd’hui les sociologues péruviens pour estimer que la confrontation de
deux cultures, de deux langues, espagnole et quechua, la seconde au
détriment de la première, est à la base des problèmes socio-économiques, de
la violence même, qu’affronmte le Pérou.
aujourd’hui