"Prendre moins au lieu de donner plus"
Fribourg, 20juin(APIC) Fondée en 1968, la Déclaration de Berne lutte depuis 25 ans en faveur de relations plus équitables entre la Suisse et les
pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. L’organisation, forte aujourd’hui de 18’000 membres, a fêté samedi à Fribourg cet anniversaire. Fidèle à son idéal, la Déclaration de Berne travaille toujours avec une préoccupation sous-jacente "prendre moins au lieu de donner plus".
Dans son allocution de bienvenue, le président du Conseil des Etats, Otto Piller (soc/FR) a félicité la Déclaration de Berne d’avoir toujours conservé son idéal. Il a partagé le souci de l’organisation en faveur d’une
économie plus humaine et plus respectueuse de l’environnement. On use et on
abuse toujours plus de l’homme et de la nature pour maintenir le régime de
l’économie. Otto Piller a souhaité le renoncement à la recherche du profit
et un changement pour un partage solidaire. Il a proposé la mise en place
d’un label pour un travail équitablement payé. Ainsi les produits fabriqués
dans des conditions d’injustice pourraient être boycottés.
"Beaucoup de nos exigences passées ont été admises" ont fait remarquer
les participants à la table ronde suivie par quelque 200 personnes dans
d’après-midi. Par exemple le principe de prix justes pour les produits du
tiers monde a connu quelques réalisations. Jean François Giovannini, directeur adjoint à la direction de la coopération au développement et de l’aide
humanitaire (DDA) a expliqué l’influence de son département sur la politique Suisse. Si le FMI, dont la Suisse est membre, exige des pays en développement des ajustements structurels, les pays riches, comme la Suisse,
devraient aussi changer. Ce à quoi la conseillère nationale Angeline Frankhauser (soc/BS) s’est fait l’écho. "Nous devons observer les besoins des
pauvres et nous poser la question de quel développement nous voulons chez
nous".
La politique de développement a profondément changé depuis 25 ans. Brunella Brazzola, ancienne secrétaire de la Déclaration de Berne, a plaidé
pour un travail de lobby au sein des institutions et pour une sensibilisation de la base en présentant des exemples concrets. L’enjeu pour la Déclaration de Berne est de faire comprendre l’interdépendance entre les diverses activités économiques ou politiques. Par exemple le lien entre la construction de barrages par des entreprises suisses dans le tiers monde et
l’arrivée en Suisse de réfugiés obligés de fuir leurs villages noyés par
des lacs. Les participants à la table ronde ont également souhaité une collaboration plus efficace de la Déclaration de Berne avec les autres organisations non-gouvernementales (ONG) dans le pays et à l’extérieur.
La fête s’est terminée en musique avec le groupe latino-américain "Girasol". (apic/wl/mp)