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    Les oeuvres suisses d’entraide grognent contre les PTT. Une histoire de

    Fribourg, 23décembre(APIC) et blablabla et balblaba

    sous, à l’origine, de gros sous même. De pertes sèches pour les oeuvres,

    qui se calculent avec six zéros placés derrière l’unité en raison des diverses majorations des tarifs PTT. Problèmes... Et malaise, principalement

    à cause des prélèvements estimés trop élevés sur les bulletins de versement.

    Il faut savoir que sur les dix francs versés par bulletin vert, seuls

    8,90 francs parviennent à l’oeuvre, à l’aide visée en fait... et le reste

    dans la caisse des PTT. Loi fédérale sur "Le service des postes" et rétribution à la prestation obligent. Ce que personne ne conteste vraiment. Les

    PTT y trouvent leur compte. Les oeuvres non. Qui attendent un geste du géant jaune. Non pour elles, mais pour ce à quoi elles se destinent: l’humanitaire.

    Les augmentations successives des PTT en 1992 et 1993 pour le courrier A

    et B, puis la suppression des tarifs "imprimés" pour les petits envois, et

    surtout, surtout, le prélèvement de taxes plus élevées sur les bulletins,

    verts en particulier, entraînent des pertes pour l’ensemble des oeuvres

    d’entraide, difficilement évaluables, certes, mais que l’on chiffre volontiers à plusieurs millions.

    De Caritas à l’Action de Carême, de l’EPER à Pain pour le Prochain, en

    passant par la Croix Rouge et Terre des Hommes, on estime qu’un tarif préférentiel pourrait être appliqué en raison même de la nature de leurs engagements. Le géant jaune a les moyens légaux de prendre une telle décision.

    Preuve en est l’exonération accordée à la Chaîne du Bonheur sur les dons

    perçus en faveur des victimes de la catastrophe de Brigue, des conflits en

    ex-Yougoslavie et en Somalie.

    Les chiffres et évaluations.

    Le mécontentement est vif. Toutes les démarches entreprises pour obtenir

    un régime de faveur sont pour l’heure demeurées sans effet. "Malgré nos

    demandes, les PTT ne font aucun effort pour appliquer des tarifs préférentiels pour les oeuvres d’entraide, les associations et les sociétés locales", écrivent dans leurs bulletins respectifs Caritas-Genève et l’Entraide

    protestante suisse (EPER).

    Car la "petite guerre" que se livrent PTT et oeuvres d’entraide ne date

    pas d’hier. Le 4 décembre 1992, une rencontre avait eu lieu entre la direction des PTT, le Conseiller fédéral Adolf Ogi, responsable du Département,

    et le Bureau central des oeuvres de bienfaisance, à Zurich, (ZEWO selon le

    sigle allemand), notamment chargé d’établir le calendrier annuel des collectes des oeuvres. Plusieurs conseillers nationaux, dont le Valaisan Vital

    Darbellay et la Bernoise Leni Robert, défendaient le point de vue des mouvements caritatifs aux côtés du ZEWO. En vain.

    La réunion fut un échec. Adolf Ogi s’étant même montré inflexible et intransigeant face à nos revendications, déclare aujourd’hui Peter Wyss, directeur du ZEWO. Intransigeance? On ne renonce pas facilement à la manne

    que représente les taxes perçues sur une partie des 401,22 millions de

    francs versés en 1992 aux 39 institutions inscrites au calendrier suisse

    des collectes du ZEWO.

    A la direction des PTT à Berne, on reste muet sur l’importance des prélèvements effectués sur une telle somme. "Il s’agit d’une affaire entre

    nous et les organisations", fait-on remarquer, en se retranchant derrière

    le secret postal de la maison.

    Il est vrai que tous les versements de dons ne transitent pas tous par

    les guichets postaux. Et que sur les 401 millions en 1992, des dizaines et

    des dizaines sont parvenus aux oeuvres par voie bancaire, de main à main ou

    par le biais de comptes de chèques postaux, par exemple, sur lesquels aucun

    prélèvement n’est opéré.

    Combien de millions arrivent ainsi net de taxes aux destinataires? Combien de millions versés par bulletins de versements à coups de billets de

    10, 50, 100 voire 1’000 francs? Impossible.... il faudrait.... Les PTT

    pourraient, mais

    Les seuls chiffres donnés par les PTT concernent les prélèvements sur

    les bulletins verts et bleus: jusqu’à 50 fr.: 1,10 fr. par BV vert et 50

    cts par BV bleu; de 50 à 100 fr.: 1,40 fr. BV vert et 80 cts BV bleu; de

    100 à 500 fr.: 1,80 fr. BV Vert et 1,20 fr. BV Bleu; de 500 à 1’000 fr.:

    2,30 fr. BV vert et 1,70 fr. BV bleu. "Les bulletins bleus sont plus avantageux. Mais c’est au détriment des communications ou de la désignation des

    dons, comme il est possible de le faire sur les bulletins verts", fait-on

    observer à Caritas-Genève. Une lacune. Elle n’a cependant pas empêché, et

    pour cause, la plupart des organisations de passer du vert au bleu dans

    leurs centaines de milliers d’envois en 1993.

    Au mutisme comptable des PTT s’ajoute sa conception douteuse de la

    transparence. Qu’on comprend d’autant moins que les oeuvres conçoivent aisément qu’il faut payer le traitement global qu’implique les versements par

    BV verts ou bleus. Pourquoi dès lors la Direction des postes se refuse-telle à divulguer le coût réel qu’entraîne chaque opération?

    On peut néanmoins, sans risque de se tromper, imaginer les raisons du

    veto mis à toute recherche de solution: les petits versements qui parviennent annuellement à l’ensemble des institutions caritatives de la part de

    donateurs anoynmes sont légions. Ce sont mêmes les plus nombreux... puisqu’ils arrivent par milliers. Pour des sommes qui se calculent en millions.

    "C’est vrai, admet Jean-Luc Pittet, collaborateur de Terre des Hommes à

    Genève, le 60% des dons nous parviennent sous forme de petites sommes, et

    même à coups de pièces de 5 francs sorties des porte-monnaie de personnes

    âgées. Un prélèvement de 1,10 franc sur 10 francs, soit 11%, n’est pas acceptable. Mais que dire d’un prélèvement semblable sur une pièce de 5

    francs, qui représente 22%? Les différentes augmentations des tarifs postaux, des taxes aux versements et la suppression des tarifs "imprimés" pour

    les petits envois entraînent de sérieuses difficultés pour l’efficacité de

    notre travail. Il n’est pas normal de voir les PTT refuser un tarif préférentiel pour les associations à but non lucratif".

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