Fribourg, 19janvier(APIC) Schaller sur passe de Bykov, Gottéron mène 1 à
Léonard archi-comble en ce samedi 18 janvier à Fribourg, le public exulte
et crie sa joie. Et avec lui Jean-François Comment, un Jurassien venu un
jour s’établir à Fribourg, aujourd’hui directeur de l’Ecole cantonale de
degré diplôme - l’équivalent de l’école de culture générale à Delémont - et
membre du comité du HC Gottéron. Un comité qui agit et qui fonce, à l’image
de l’équipe, du reste en tête du championnat suisse de hockey.
Entre le club et le public, c’est une véritable histoire d’amour, affirme ce pédagogue jurassien qui a fait du hockey son principal loisir. Mais
aussi sa passion, après celle qu’il voue aux sciences naturelles en particulier, à la biochimie et à la physique en général. Né à Saint-Ursanne en
1945, Jean-François Comment a suivi dans sa ville natale, à Bassecourt ensuite puis à Porrentruy la filière qui le conduira en 65 à l’obtention du
brevet d’instituteur..
12e minute du premier tiers: un tir puissant remet les équipes d’Ambri
et de Gottéron à égalité. M..., lâche Jean-François, qui s’en excuse aussitôt après. "J’ai confiance, on a jamais marché aussi fort que maintenant".
"Je me souviens, raconte-t-il, j’avais été contacté au pied levé pour remplacer le responsable du service de presse du club. Par la suite je me suis
occupé du mouvement junior". Après une année sabbatique, il est appelé en
1988 à réintégrer le comité du HCG en qualité de responsable des manifestations extra-sportives, un poste qu’il occupe aujourd’hui en compagnie de 11
membres, dont Jean Martinet, le président, Jean-Pierre Dousse, chef technique et Yves Cantin, chef des finances et futur nouveau président du club.
"Trois hommes clés pour Fribourg-Gottéron, comme le sont du reste les quelque 450 personnes qui gravitent autour de nous, à un titre ou à un autre".
Son premier contact avec la ville de Fribourg, Jean-François Comment
l’aura en temps qu’étudiant à la Faculté des Sciences de l’Université de
Fribourg. Poussé par sa passion des sciences naturelles - les papillons et
les coléoptères n’ont aucun secret pour lui -, il abandonne le village de
Soulce où il avait fait ses premières armes comme instituteur. Sa licence
en Poche, le nouveau professeur choisi en 1969 l’Ecole normale des instituteurs à Porrentruy pour faire partager ses connaissances aux futurs retets.
Un poste qu’il occupera jusqu’en 1972 pour venir s’établir à Marly, près de
Fribourg, où il habite aujourd’hui avec son épouse, Andrée, et ses trois
enfants âgés de 6, 10, 16 et 20 ans.
1-2, puis 1-3: Ambri a nettement pris la mesure de Gottéron en ce début
de deuxième tiers. "Y dorment les notres, c’est pas possible... Mais avec
le moral de fer que l’équipe possède actuellement, je suis persuadé que
nous renverserons ce score. Si au moins on parvenait à marquer avant la sirène..." Ce voeu, Silver va l’exaucer dans l’ambiance que l’on devine. Dans
les gradins où on pris place près de 7600 personnes, dont les quelques 800
jeunes des différents fans club, les bougies s’allument en même temps que
se gonflent les ballons et se déploient les drapeux du Gottérons et soviétiques, de l’ex-URSS pour être plus précis. Mais à Fribourg on n’en a cure.
Depuis que le club s’est mis à l’heure russe, en engagent en début de saison passée Bykov et Khomutov, les deux meilleurs étrangers qui évoluent en
suisses, on n’hésite pas à chanter l’hymne de la défunte Union à chaque
nouvel exploit de l’une ou l’autre de ces vedettes: "L’an dernier, tout
passait par elles, aujourd’hui l’équipe est soudée, plus forte dans tous
les compartiments de jeu. Ils ne plus les les seuls à pouvoir marquer", assure Jean-François Comment.
"Dans le Jura? J’y retourne en moyenne une fois par mois, pour voir ma
famille et celle de mon épouse, à Undervelier, mais aussi pour me rendre
dans les Franches-Montagnes, à Porrentruy, à Bassecourt ou à Soubey, pour y
manger la truite", confie celui qui, en 1974, allait défendre une thèse de
doctorat, après avoir été invité, en 72, à enseigner à l’école cantonale
préparatoire aux professions paramédicales de Fribourg, mais avant d’être
appeler, en 88, à la direction de cette même école, devenue entre-temps
"Ecole de degré diplôme".
La vitesse supérieure, Gottéron va la passer durant le troisième tiers.
3 à 3, puis 4 à 3 et 5 à 3, score final, dans une ambiance que les supporters des SR Delémont et du HC Ajoie n’auraient pas renié lors des finales
d’ascension. Une fête. "Le public et l’équipe vivent en parfaite osmose".
Tout le monde travaille au sein de notre groupe, à commencer par les joueurs sur la glace". Car du temps, pour se consacrer à fond au sein du comité, il en faut: "10 à 15 heures par semaine, y compris l’été. Ma femme et
le plus grand de mes fils même me donne un coup de main, pour accomplir ma
tâche, recevoir et discuter avec les sponsors, les trouver, organiser les
loteries avant chaque partie, la vente des programmes et de la tombola,
sans oublier les deux supers loto. Des activités qui raportent en gros 5%
du budget qui se montent cette année à 5,5 millions, 500,000 francs de plus
que la saison dernière, mais 5 millions de moins que le CP Berne".
"Gottéron dit en conclusion Jean-François Comment, c’est quelque chose
en plus qui n’existe pas ailleurs". Le "quatrième tiers", celui qui se prolonge tard après le coup de sifflet final de la partie, confirmera le propos. Appelé sur la glace par le président Martinet pour y déguster une immense fondue que l’ensemble des joueurs mangeront, un vieux supporters de
91 ans s’est vu remettre un maillot aux couleurs du club, avec son nom et
son numéro... même si celui-ci portait le 1901.