"Un infatigable pionnier de l’unité européenne"
Montigny-les-Metz, 29avril(APIC) Le procès en vue de la béatification de
l’homme d’Etat français Robert Schuman, un des pères de l’Europe, ouvert en
1990 à Metz se poursuit. Après l’enquête diocésaine, les dossiers devraient
être transmis à Rome en 1993. C’est ce qu’annonce l’Institut Saint Benoît
Patron de l’Europe à Montigny-les-Metz en Lorraine.
L’idée de demander la béatification d’un homme d’Etat peut paraître à
certains déplacée, tant l’exercice de la politique semble lié aux compromissions de toutes sortes. Mais, note l’Institut Saint Benoît, la vie de
Robert Schuman manifeste au contraire l’unité profonde entre la foi, la
pensée et l’action.
Né en 1886 à Luxembourg, Robert Schuman après des études complètes de
droit entreprend une carrière d’avocat en 1912. Il se consacre alors également aux oeuvres de jeunesse diocésaine. En 1919, il est élu député de la
Moselle. En 1940, il est nommé sous secrétaire d’Etat aux réfugiés avant
d’être arrêté par la Gestapo au mois de septembre. Evadé en 1942, il vit
dans la clandestinité jusqu’à la fin de la guerre. C’est après la guerre
que sa carrière prend une envergure nationale et internationale: ministre
des Finances, chef du gouvernement, ministre des Affaires étrangères, il
est l’un des artisans de la construction européenne. Sa carrière politique
s’achève comme 1er président du Parlement européen de 1958 à 1960. Robert
Schuman est mort le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles près de Metz.
La volonté de servir les desseins de Dieu a toujours orienté l’action de
Robert Schuman, affirme l’Institut Saint Benoît, demandeur dans la cause de
béatification. André Philip, ancien ministre a pu dire de lui: "Ce qui m’a
d’abord frappé en lui, c’était le rayonnement de sa vie intérieure: on
était devant un homme consacré, sans désirs personnels, sans ambition,
d’une totale sérénité et humilité intellectuelle, qui ne cherchait qu’à
servir, là et au moment où il se sentait appelé". Par sa vie et par son
oeuvre Robert Schuman manifeste, aux yeux de ses défenseurs, ce que l’on a
appelé la "sainteté en politique".
Le Prix Robert Schuman à l’archevêque d’Augsbourg
Le prix Robert Schuman, créé par la Fondation Toepfer, sera décerné cette année à Mgr Josef Stimpfle, archevêque d’Augsbourg, chargé par le pape
Jean Paul II de la coordination de l’aide aux Eglises d’Europe centrale et
orientale. La cérénomie de remise du Prix aura lieu lors de l’Assemblée générale de l’Institut Saint Benoît dans la chapelle de Templiers de Scy-Chazelles, lieu de sépulture de Robert Schuman, en juin prochain. Le prix est
doté de 25’000 DM. (apic/com/mp)