Sondage à propos de la conception de la solidarité des Français
Paris, 15janvier(APIC) A la priorité du tiers monde s’ajoute désormais
celle des pays de l’Est: c’est un nouveau défi pour le Comité catholique
contre la faim et pour le développement (CCFD) qui vient de publier un premier "Baromètre de la solidarité". L’analyse d’un sondage réalisé par
l’Institut Lavialle auprès de 1’000 personnes permet de connaître l’attitude des Français face aux relations Nord/Sud, leur conception de la solidarité et de son efficacité, l’opinion qu’ils ont des organismes spécialisés
dans le développement, les pays qu’ils privilégient...
Près de 65% des personnes interrogées jugent insuffisante l’aide apportée au tiers monde, mais 60% estiment que cette aide pourrait être mieux
utilisée, et se méfient du travail accompli par les organisations humanitaires. Pourtant, ces associations demeurent, aux yeux des personnes interrogées, les instruments les plus utiles et les plus efficaces pour réaliser
l’aide: bien avant l’ONU et les gouvernements...
L’Afrique noire vient en tête des régions que les Français se déclarent
prêts à aider (57%) - avec une nette préférence pour l’Ethiopie (46%) - ,
puis l’Amérique Latine (32%), l’Asie (25%) et l’Europe de l’Est (24%). Les
raisons invoquées pour aider le tiers monde sont d’ordre humanitaire: malnutrition (69%), mauvais état sanitaire (65%), grave situation économique
(55%). Seulement 6% des sondés déclarent se préoccuper des intérêts commerciaux, militaires ou diplomatiques de la France. Quant aux solidarités culturelles, elles interviennent peu, et le fait même que l’on parle le français dans un pays n’est considéré comme une raison particulière de l’aider
que par 9% de la population interrogée.
Le lien entre le développement du tiers monde et l’urgence est le plus
souvent négligé, tout comme l’articulation entre système politique et développement: le plus souvent, on se soucie peu du régime politique du pays à
aider. On préfère traiter au cas par cas les maux les plus flagrants, plutôt que de s’attaquer aux causes de ces maux. On réagit de façon émotionnelle à un reportage télévisé, alors que l’appel lancé par un homme politique ou une organisation humanitaire laisse indifférent.
Ce "baromètre de la solidarité" indique que les personnes interrogées
connaissent trop peu de choses de ces drames, constate Bernard Holzer, secrétaire général du CCFD. "C’est trop peu et trop court. Le constat ne suffit pas et le réflexe de charité n’est pas une solution...", conclut-il.
(apic/mjh/pr)