"L’Eglise doit toujours être réformée"
Paris, 24avril(APIC) Trois questions seront à l’ordre du jour du prochain
synode annuel de l’Eglise réformée de France (ERF) qui se tiendra du 8 au
11 mai à Orthez, dans le sud-ouest de la France: le choix entre l’engagement social et la réflexion sur la foi; la refonte des structures de l’ERF;
comment pourvoir aux postes pastoraux vacants. Ce faisant, l’ERF s’applique
à elle-même le célèbre adage de Luther: "Ecclesia semper reformanda",
l’Eglise doit toujours être réformée.
l’Eglise doit-elle choisir entre l’engagement social et la réflexion sur
la foi? Jean-Pierre Montsarrat, président de l’ERF, s’en explique ainsi:
"Ce débat, surgi au sein du COE dans les années 80, oppose les partisans du
’salut par la grâce’, prôné par le jeune Luther, et ceux de la théorie calviniste de l’obéissance chrétienne que la grâce fait naître, et qui conçoivent l’engagement comme la fidélité à la foi chrétienne". Selon lui, "Ceux
qui reprochent au COE de privilégier l’engagement social et politique oublient le travail accompli notamment par la Commission Foi et Constitution,
qui est la commission théologique du COE!".
L’ERF envisage de "repenser ses structures et ses méthodes en fonction
de la mission à remplir". Pour ce faire dit le président, les instances nationales devront mettre en oeuvre ce qu’elles ont toujours prêché aux Eglises locales: définir d’abord leur projet de vie d’Eglise et décider ensuite
comment le mettre en oeuvre.
Pour repourvoir les postes pastoraux vacants - il y en a une soixantaine à
l’heure actuelle - les responsables de l’ERF voudraient essayer de faire
preuve d’imagination et de discernement. "Il faut sortir du schema ’pasteur/clocher/paroisse’ qui reste très clérical et comprendre que c’est le
peuple de Dieu qui fait qu’une paroisse existe", affirme Jean-Paul Sauzède,
secrétaire général de l’ERF. Ne peut-on alors envisager, suggère-t-il, de
"confier à des ministres non-pasteurs des ’mandats de desserte’ qui leur
permettraient de présider les cultes?"(apic/mjh/ecl)