"L’Alliance de Dieu avec les hommes"
Paris, 16mai(APIC) L’épiscopat français a rendu public jeudi 16 mai à Paris un nouveau "Catéchisme pour adultes". L’ouvrage, dont la rédaction
avait été décidée en Assemblée plénière le 25 octobre 1985, se veut "un exposé organique, systématique et complet, de la foi" tenant compte du "contexte culturel français". Préfacé par Mgr Joseph Duval, président de la
Conférence des évêques de France, il s’organise autour du thème biblique de
"l’Alliance de Dieu avec les hommes". Destiné aux adultes et plus particulièrement aux catéchistes, il est rédigé dans le langage traditionnel de la
foi. Il remplace le catéchisme national de 1937, destiné aux enfants.
Le "catéchisme pour adultes" se compose de sept chapitres (456 pages)
centrés sur l’intervention de Dieu dans l’histoire des hommes: il se démarque ainsi du schéma traditionnel "Credo-sacrements-décalogue-Pater". Il
n’est pas non plus une suite de questions et de réponses, mais "un exposé
de la foi qui, de façon dynamique, en présente le contenu comme un ensemble
articulé, où tout se tient, mais où tout n’a pas la même place ni la même
importance", relève Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et président de
la Conférence des évêques de France. Chaque chapitre est introduit par une
double exergue (Ancien et Nouveau Testament) et présente certains textes
fondamentaux du catholicisme sous forme d’encadrés (prières communes, liturgiques, extraits des Pères de l’Eglise). Des tables (sigles, citations
bibliques et conciliaires, textes en exergue) et un index analytique détaillé facilitent une recherche systématique.
Exposer plutôt qu’exhorter
Pour le Père Stanislas Lalanne, secrétaire de la Commission épiscopale
de l’Enseignement religieux, le propos "est plus celui de l’exposition que
celui de l’exhortation". Le premier chapitre pose la question de Dieu, le
second, "Le Dieu de l’Alliance", présente l’initiative de Dieu pour rejoindre l’homme et s’engager avec lui dans l’histoire; le troisième chapitre,
"La nouvelle Alliance en Jésus-Christ", développe le Salut apporté par Jésus; les quatre derniers chapitres traitent tour à tour de l’Eglise, des
sacrements, de "la loi de vie" (la loi naturelle) et de l’"accomplissement
de l’Alliance dans le Royaume de Dieu".
Les évêques ont pris un risque: ils ont refusé de faire l’impasse sur
certains aspects jugés moins intéressants par nos contemporains, voire dépassés, notamment dans le domaine de l’éthique. Dans le chapitre VI, ils
rappellent avec force la loi naturelle, inscrite par Dieu dans sa Création.
S’il s’agit pour les évêques de France de "dire ce à quoi nous croyons", il
s’agit aussi d’inviter au travail de groupe et à la prise de parole dans
l’Eglise. Cela "dans un moment social marqué par un certain retour du religieux, par l’existence de courants dans l’Eglise, par la présence d’autres
confessions et religions en France et par le regain d’intérêt pour la culture religieuse", et dans lequel il faut se situer en tant que chrétien,
affirme Mgr Pierre Plateau, évêque de Bourges et président de la Commission
épiscopale de l’Enseignement religieux.
Cinq rédactions successives depuis 1985
Le "Catéchisme pour adultes" rendu public jeudi a nécessité cinq rédactions successives avant d’être adopté par l’Assemblée plénière de juin 1990
par 96 voix sur 102 suffrages exprimés. Si une concertation constante s’est
établie entre l’équipe de rédaction et les évêques de France, "une autre
concertation se déroulait, cette fois-ci avec les Congrégations romaines" Congrégation pour la doctrine de la foi et Congrégation pour le clergé -,
auxquelles le droit canon demande que soit soumis pour approbation tout
ouvrage catéchétique de portée nationale, précise Mgr Plateau. "Des corrections nous ont été demandées, d’autres ont simplement été suggérées et
laissées à notre libre décision".
Pourquoi réaliser un tel ouvrage alors que Rome se prépare à publier un
catéchisme universel ? Car, précise Mgr Duval, "les modes de présentation
sont différents", les destinataires aussi: l’ouvrage s’adresse aux adultes
et prioritairement aux catéchistes, le travail réalisé par le Vatican ne
sera sans doute accessible qu’aux seuls théologiens. Mais "l’un et l’autre
seront en parfaite harmonie" et "l’utilisation de l’un pourra être facilitée par l’apport de l’autre", précise l’archevêque de Rouen. De plus il
s’agissait pour les évêques de France, estime Mgr Duval, de "s’aquitter des
devoirs de leur charge", et notamment de "la transmission de l’enseignement
des Apôtres", d’exercer leur tâche d’enseignement et leur responsabilité de
témoins de la foi. (apic/mjh/cx/cor)