France: rencontre entre le cardinal Decourtray et l’ACO (230290)
Paris, 23février(APIC) l’interview accordée au "Figaro" début janvier par
le cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon et président de la Conférence des évêques de France, interview dans laquelle il avait déclaré que
le communisme était "intrinsèquement pervers" et dénoncé "une certaine connivence" de certains évêques et de l’Action catholique ouvrière (ACO) avec
cette "idéologie", a vivement inquiété militants et responsables de ce mouvement d’Eglise.
A la demande du secrétariat de l’ACO, une rencontre a eu lieu entre le
cardinal et les membres de ce secrétariat. "Il était important que Mgr Decourtray accepte cette rencontre et ce débat en vérité avec des croyants
ouvriers diversement engagés", dit-on au secrétariat du mouvement: "Cela a
permis au cardinal Decourtray de prendre conscience de la portée des mots.
D’un autre côté, nous avons pris nous-même la mesure de notre responsabilité de mouvement apostolique. Pour nous qui sommes quotidiennement en dialogue avec des incroyants, cette rencontre avec le monde de l’incroyance
bouscule notre foi. Dans notre dialogue avec Mgr Decourtray, lui-même a pu
réfléchir à la valeur de notre engagement, et les membres du mouvements se
sont situés non comme des agresseurs, mais comme des partenaires d’un dialogue entre responsables d’Eglise". Il était important, souligne-t-on au
secrétariat national de l’ACO, "que les partenaires d’un tel dialogue se
situent à égalité".
A l’issue de la rencontre, il était convenu que les membres de l’ACO
iraient parler avec leurs évêques respectifs afin de faire le point avec
eux. Mgr Decourtray, pour sa part, s’était engagé à rendre compte de la
rencontre à ses confrères. Mais rien n’avait été prévu concernant l’éventuelle publication de la lettre de l’archevêque de Lyon aux évêques de France. Or cette lettre a été publiée le 20 février par le quotidien "La
Croix". "Ce texte est fidèle à l’esprit de notre rencontre", fait remarquer
le secrétariat de l’ACO, qui ajoute: "On regrette cependant une phrase malheureuse, celle où le cardinal fait remarquer, lors du débat, que beaucoup
de temps a été conscré aux questions de forme, mais que les questions de
fond ont été à peine abordées". En fait, disent les responsables de l’ACO,
il était essentiel que, dès l’abord, on s’explique sur les mots, et notamment sur cette question de "la connivence" ou du communisme "intrinsèquement pervers". Si les questions de fond ont été insuffisamment traitées,
c’est uniquement pour des raisons de temps".
L’essentiel était que cette rencontre puisse avoir lieu, relèvent les
responsables de l’ACO. "A plusieurs reprises, le cardinal nous a répété
qu’il reconnaissait son erreur, notamment de n’avoir pas confronté ces paroles, avant leur publication, à la critique d’autres responsables d’Eglise. Mais surtout, il nous a redit son accord sur les perspectives missionnaires de notre mouvement. Après cette rencontre avec le président des évêques de France, le dialogue continue: l’ACO poursuit son travail avec la
commission épiscopale du monde ouvrier. "Jamais le dialogue n’a été rompu:
il va maintenant s’intensifier". (apic/mjh/pr)