France: religions et choix de société pour l’Europe (300590)
Paris, 30mai(APIC) Dialogue, éducation, solidarité: telles sont les trois
idées forces mises en avant par les intervenants au colloque organisé lundi
à Paris, à l’UNESCO, par la section française de la Conférence mondiale des
religions pour la paix. Alors que se construit l’Europe économique, des représentants des grands courants de la pensée religieuse en Europe se sont
interrogés sur les défis que le monde moderne lance aux croyants.
"La cohérence interne de notre société pluriculturelle, modélisée, médiatisée, éclatée, mondialisée, ne peut-être que morale, éthique, intellectuelle ou spirituelle", devait déclarer Mme Hélène Ahrweiller, présidente
du Centre Georges Pompidou, qui animait le débat. Cette recherche de cohérence, précisément, peut être assumée par les religions qui, pour M. Olivier Clément, théologien orthodoxe, doivent jouer dans la société "un rôle
de partenaire prophétique. Elles sont indispensables aux sociétés, parce
qu’elles ne servent à rien et qu’elles prouvent que tout n’est pas commercialisable". Mais elles ne joueront ce rôle, a insisté le docteur Tidjini
Haddam, recteur de la mosquée de Paris, que dans la mesure où elles auront
aussi un souci de formation et d’information.
En ce qui concerne l’Europe - une Europe multiple, a rappelé le pasteur
Gérard Markhoff, qui intervenait au nom des Eglises protestantes: "l’une,
qui se construit à Bruxelles, est un dépassement du niveau national; l’autre, plus vaste, est une exigence de justice, d’humanité, de fraternité" -,
elle doit tenir compte, comme l’a rappelé M. Gabriel Marc, membre de la
Commission française "Justice et Paix", de trois priorités: "La priorité de
l’homme en société sur l’économie; l’unité dynamique de l’Europe fondée sur
la diversité; la finalité de l’unité européenne située au-delà d’elle-même
dans un réaménagement juste de ses rapports avec les pays du Sud".
Quant au rabbin René Sirat, grand rabbin du Consistoire central, il a
insisté sur la nécessité, pour les religions, de situer leur collaboration
dans la perspective de ce droit fondamental de l’homme qu’"est le droit à
l’espérance".
Les intervenants à ce colloque sont-ils parvenus à élaborer un modèle de
société pour l’Europe? S’il en était ainsi, ils auraient perdu toute crédibilité. Mais tous sont tombés d’accord sur l’exigence d’ouverture de l’Europe sur le monde et sur la nécessité, pour les religions, de travailler
ensemble, notamment dans les domaines de l’éducation et de la bioéthique
afin de préserver l’humanité de l’inhumain. (apic/mjh/pr)