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    L’accord des évêques met fin aux querelles autour du CCFD

    France : pour les évêques la solidarité est une priorité (021188)

    Paris, 2novembre(APIC) Depuis deux ans, les évêques de France ont

    entrepris une réflexion sur la solidarité. En 1987, ce travail avait abouti

    à un message intitulé : "La solidarité : une urgence". Ce texte était

    assorti de deux propositions. Au niveau des diocèses, il s’agissait d’une

    invitation faite aux organismes catholiques qui travaillent au service de

    la solidarité de se rencontrer régulièrement pour une concertation et une

    harmonisation de leurs actions. Au niveau national, les évêques demandaient

    que soit recherchée une plus grande concertation des organismes catholiques

    pour le développement, l’urgence et l’aide aux missions (Comité catholique

    contre la faim et pour le développement - CCFD -, Secours catholique,

    Oeuvres Pontificales Missionnaires, Equipes St-Vincent de Paul...).

    Le débat qui eut lieu en Assemblée plenière de l’épiscopat, à Lourdes,

    permit un échange entre les évêques et les responsables des organismes de

    solidarité, invités pour la circonstance. Partant des témoignages des uns

    et des autres sur la manière dont la solidarité était vécue dans les

    diocèses - qu’ils soient frappés par la récession économique, comme ceux du

    Nord-Pas-de-Calais, ou par des catastrophes naturelles comme celui de Nîmes

    - le débat s’élargit rapidement. C’est ainsi que Mgr Gilbert Aubry, évêque

    de La Réunion, intervint à propos du référendum du 6 novembre prochain sur

    la Nouvelle-Calédonie, rappelant aux chrétiens et à l’ensemble des Français

    que leur solidarité devait s’exprimer par la participation au scrutin.

    Une Charte et un Secrétariat de la Solidarité

    Concrétement, ce débat devait conduire à l’élaboration d’une "Charte de

    la solidarité" permettant une meilleure concertation et harmonisation entre

    les divers organismes, et à la création d’un Secrétariat de la Solidarité.

    "Ce sont nos organismes eux-mêmes qui réclament ce secrétariat, nous a

    déclaré Bernard Holzer, secrétaire général du CCFD. Nous avons besoin d’une

    coordination, or aucun d’entre nous, n’a reçu ce pouvoir de convocation.

    D’autre part, il est important qu’existe une autorité qui puisse s’exprimer

    sur les questions internationales au nom de l’Eglise de France."

    Au terme de l’Assemblée plenière des évêques de France, ces deux buts

    étaient atteints. La Charte de la Solidarité est rédigée. Une charte qui

    situe les différents organismes de solidarité et trace les grandes lignes

    de leur collaboration. Cette charte insiste aussi sur la notion de

    partenariat, de réciprocité, soulignant, comme l’a indiqué Mgr Didier-Léon

    Marchand, évêque de Valence et président de la Commission sociale de

    l’épiscopat, que "les pauvres sont peut-être plus riches que les riches de

    valeurs essentielles." Quant au Secrétariat de la Solidarité, il va être

    expérimenté pendant un an, avant de recevoir sa structure définitive. ces

    décisions - charte et secrétarait - ont été votée par les évêques de France

    à une très forte majorité, puisqu’on compte 100 oui, 6 non et 4

    abstentions.

    La collaboration plutôt que la "rivalité"

    Cet accord met aussi un terme aux querelles suscitées par certaines

    associations et organes de presse de droite autour du CCFD. Les évêques

    renouvellent leur confiance à ce "service d’Eglise". Quant à la "rivalité"

    qui aurait existé entre le CCFD et le Secours catholique, l’accord passé

    entre les deux organismes met un point final à toutes les rumeurs : "Nous

    sommes des alliés privilégiés", a affirmé Michel Fauqueux, secrétaire

    général du Secours catholique. Un partenariat dont témoigne le

    co-financement de deux projets de développement - l’un au Bangladesh,

    l’autre à Madagascar - et la démission du Secours catholique de la

    Fédération de mouvements d’Eglise constituant le CCFD : "Il s’agit là d’une

    clarifiaction juridique : n’ayant plus de relation de dépendance, nous

    pouvons être véritablement partenaires", a encore déclaré Michel Fauqueux.

    Il apparaît bien que les évêques de France voient dans la solidarité un

    signe essentiel d’appartenance à l’Eglise. (apic/mjh/bd)

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